50 000 personnes à la Marche pour la Terre

MONTRÉAL - Près de 50 000 personnes se sont rassemblées dimanche à Montréal sous un soleil radieux pour dénoncer la dépendance de la province aux énergies fossiles, dans le cadre de la Marche pour la Terre.

L'année dernière, la manifestation qui s'était déroulée pendant le conflit étudiant avait réuni 250 000 personnes, selon les organisateurs, qui s'attendaient à ce que le mouvement soit de moins grande ampleur cette année.

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Sur la Place des festivals, avant le départ de la manifestation, les marcheurs ont fait sonner réveils et alarmes à 14 h pour signifier l'urgence d'agir afin de trouver une alternative à une économie dépendante des énergies fossiles. Ils se sont ensuite dirigés dans le calme vers la Place du Canada par le boulevard René-Lévesque. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Des milliards de coloc-à-Terre » ou encore « N'attendez pas d'être en phase Terre-minable ».

« Je suis venue parce que je pense que ça peut faire bouger les choses et le gouvernement », a expliqué Marjorie Saint-Pierre, présente pour la deuxième année à cet événement. Accompagnée de son mari et de ses deux enfants, Catherine Veillette a fait le déplacement comme tous les ans « pour la planète et pour la solidarité ».

Des vagues

Place du Canada, les organisateurs ont proposé aux marcheurs de faire des vagues en interpellant les chefs des gouvernements fédéral et provincial. « Marois réveille, Harper réveille », a crié la foule. Le groupe Kumpa'nia et ses tambours ambulants ont clos l'événement.

Les organisateurs avaient donné leur itinéraire au Service de police de la Ville de Montréal et la marche s'est déroulée sans heurts.

Néanmoins, après 16 h, une centaine d'écologistes anarchistes masqués pour certains d'un foulard noir et portant des drapeaux noirs et verts ont bloqué la rue Sainte-Catherine jusqu'à la rue Saint-Urbain. Sur leur chemin, ils ont même tenu un sit-in à l'angle des rues Metcalfe et Sainte-Catherine.

Réactions des groupes écologistes

Divers représentants de groupes écologistes ont dénoncé les choix des gouvernements provincial et fédéral en matière d'environnement.

« Il y a une urgence d'agir envers le gouvernement qui prend des décisions discutables, a réagi Sébastien Huberdeau, acteur et porte-parole de la Marche pour la Terre. Il faut sortir de notre dépendance aux énergies fossiles. »

« Il fait continuer cette année, a soutenu Jacques Languirand, porte-parole du Jour de la Terre. Il ne faut pas avoir peur du pouvoir, surtout du nôtre. »

« Au Québec, on a le choix de devenir indépendant des énergies fossiles, on est capable de faire les choses différemment, a soutenu Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace au Québec. On ne veut pas d'une vision à court terme. L'exploitation du pétrole va profiter à certaines personnes. À quels coûts? Combien de temps va-t-on en mesurer les profits? » a-t-il lancé.

« Nous avons des choix à faire », a renchéri Karel Mayrand, directeur général pour la Québec de la Fondation David Suzuki, assurant que le gouvernement du Canada voulait faire sortir le pétrole au plus vite.

« Nous avons toute une réflexion à faire au niveau de nos choix de société », a affirmé Steven Guilbeault, cofondateur d'Équiterre, tout en proposant d'investir dans les énergies plus propres, comme l'électricité.

Il faut « dire à M. Harper. Non. Stop. Fini. Merci », s'est exclamé Melissa Mollen Dupuis, porte-parole du mouvement Idle no more.

« Cela fait 30 ans que l'on lutte avec vous pour l'avenir de la Terre, a souligné Louise Lévesque, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). On n'arrêtera pas tant qu'on n'aura pas gagné. »

Plus de 10 400 personnes ont signé la déclaration de la Marche pour la Terre qui demande notamment au gouvernement québécois de s'opposer à l'expansion des sables bitumineux.

Réactions politiques

Des hommes politiques étaient aussi présents dans la foule. « Je suis désolé de voir que l'année passée avec plusieurs membres du PQ, dont Mme Marois, on s'était engagé comme 200 000 autres personnes à faire en sorte que le Québec avance, a rappelé le député de Québec solidaire, Amir Khadir, venu avec son vélo. Le PQ a tout oublié. » Il souhaite que le Québec ne soit plus dépendant du pétrole, comme « un toxicomane » l'est d'une drogue. M. Khadir estime que le temps et l'argent dépensés sont autant de « temps perdu pour investir dans les énergies renouvelables».

«En sept mois, on en a fait plus que le gouvernement Charest», a souligné pour sa part, le député péquiste Daniel Breton, tout en reconnaissant que tous les dossiers concernant les pipelines étaient «inquiétants».

Du nettoyage pendant la Marche

Une vingtaine de personnes ont choisi de ramasser des déchets dans les rues de Montréal tout en participant à la Marche pour la Terre. «C'est la première fois que l'on suit la Marche, on veut montrer que créer un impact positif, c'est super facile», a expliqué Adam Taschereau, fondateur de l'association Open Mind, qui organise des rassemblements axés notamment sur le bien-être. Les années précédentes, les bénévoles de l'association avaient fait des campagnes de nettoyage dans des sites pollués, à Sherbrooke et le long de cours d'eau. «On pense en faire de plus en plus», a-t-il précisé.

Les activités du Jour de la Terre

De multiples activités sont prévues dans le cadre du Jour de la Terre lundi.

Comme le veut la tradition, le Jour de la Terre Québec organise la plantation d'arbres «pour offrir un cadeau à la Terre» et 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal sont invitées à planter chacune cinq arbres.

Une collecte d'appareils électroniques aura lieu dès 9h30 au Square Victoria. Les Montréalais pourront déposer leurs cellulaires usagés qui seront réemployés ou recyclés dans le cadre du programme Allô la Terre.

Au Centre Eaton, un programme de sensibilisation sur les piles et les batteries sera proposé lors d'un 5 à 7 le 23 avril.



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