WASHINGTON, D.C. - Le chef de l'opposition, Thomas Mulcair, a entrepris une visite à Washington, dans le but de faire connaître aux politiciens américains celui sera à la tête du prochain gouvernement canadien.
Questionné à savoir pourquoi il passait trois jours de la semaine dans la capitale américaine si ce n'était pas pour faire du lobbying contre le projet d'oléoduc Keystone, M. Mulcair a répondu qu'il voulait connaître les personnes avec qui il allait travailler lorsqu'il sera premier ministre dans deux ans.
«Pour la première fois dans son histoire, le Nouveau Parti démocratique du Canada est dans une position pour former un gouvernement. Il y a donc plusieurs personnes ici [...] qui souhaitent vraiment nous rencontrer», a déclaré mardi M. Mulcair. Et nous sommes intéressés d'en apprendre davantage au sujet de certaines personnes avec lesquelles nous avons l'intention de travailler, lorsque nous formerons le gouvernement en 2015.»
M. Mulcair a esquivé la question concernant son appui à l'oléoduc Keystone estimé à 70 milliards $, mais il n'a pas semblé un chaud partisan du projet. Des députés néo-démocrates n'ont pas caché leur opposition au projet, qui permettrait d'acheminer le pétrole brut provenant des sables bitumineux de l'Alberta vers les raffineries américaines.
«Ce seul projet représente l'exportation de 40 000 emplois qui pourraient avoir été créés au Canada, a déclaré M. Mulcair, ajoutant que son parti préférait que le pétrole canadien soit raffiné au Canada, plutôt que d'exporter le pétrole brut.
«Le NPD a toujours été clair à ce sujet. Un gouvernement néo-démocrate aurait comme priorité de s'occuper de la sécurité énergétique canadienne, de créer des emplois au Canada et d'obtenir un meilleur prix. C'est gagnant-gagnant.»
Puisque le projet Keystone est sur la table, M. Mulcair a ajouté qu'il allait «laisser les Américains prendre leur propre décision à ce sujet».
Le gouvernement conservateur s'en est pris à M. Mulcair, en lui reprochant de faire de la politique à un moment critique pour le projet Keystone. Le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, l'a accusé d'échouer dans son rôle de chef de l'opposition.
«Son ambivalence sur cette question cruciale (Keystone) à Washington n'aide pas, spécialement à ce moment crucial d'une décision par l'administration américaine, a déclaré M. Oliver. Pour quelqu'un qui aspire à gouverner ce pays, il s'agit d'une abdication de leadership».
M. Mulcair s'est dit «flatté» que trois ministres, Tony Clement (Industrie), Ed Fast (Commerce) et Vic Toews (Sécurité publique), l'aient suivi à Washington. (Ils ont planifié un voyage de dernière minute à Washington de leur propre initiative cette semaine, pour «faire la promotion des intérêts canadiens» selon le gouvernement).
M. Mulcair rencontrera différents groupes financiers et d'affaires de même que des législateurs démocrates, avant de s'envoler pour New York jeudi.