«Êtes-vous en train de nous dire que vous étiez imbécile et incompétent?»


Mélanie Colleu

Dernière mise à jour: 27-02-2013 | 13h42

L'ancien directeur des Travaux publics a continué de jouer les innocents devant la commission mercredi matin, si bien que la juge Charbonneau a fini par lui demander s'il était «imbécile et incompétent».

Visiblement, les commissaires ne sont pas dupes et ne croient pas une seconde à la naïveté de Robert Marcil.

À la barre des témoins pour une troisième journée consécutive, l'ex-haut fonctionnaire de la Ville de Montréal a continué d'affirmer qu'il ne se rendait pas compte du manège qui s'organisait autour de lui.

«Je vous ai dit que je n'étais pas au courant de ce système, que je n'y participais pas», a-t-il martelé.

Les entrepreneurs en construction ou les ingénieurs de firmes de génie-conseil qu'il rencontrait très régulièrement s'arrangeaient entre eux pour obtenir à tour de rôle des contrats publics. Ils corrompaient également ses propres employés à la Ville, mais l'ex-haut fonctionnaire n'y aurait vu que du feu.

Ses trous de mémoire bien choisis ont d'ailleurs commencé à irriter sérieusement les commissaires.

Son ami Trépanier

Me Gallant est revenu sur la relation amicale qui liait M. Marcil à l'ex-grand argentier d'Union Montréal, Bernard Trépanier. Il a cherché à savoir s'ils avaient déjà eu des discussions à propos des comités de sélection chargés de retenir l'entreprise gagnante pour un contrat.
Et le festival des oublis a commencé.

«Je ne m'en souviens pas (...) Si ç'a été le cas, je n'ai pas allumé», a-t-il répondu.

«Êtes-vous en train de nous dire que vous étiez imbécile et incompétent?» l'a alors sèchement interpellé la juge Charbonneau. «Je ne suis définitivement pas parfait», a admis M. Marcil. «Ça, on s'entend là-dessus», a ponctué la présidente.

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Me Gallant lui a aussi demandé s'il avait déjà donné des ordres à Bernard Trépanier pour que telle firme remporte tel ou tel contrat. Mais encore une fois, M. Marcil ne s'en souvient pas «de façon précise. Ça peut être oui, ça peut être non».

Le commissaire Lachance a alors relevé que c'était grave de ne pas avoir de souvenirs sur ce point.

Lalonde lui en veut

Robert Marcil a également nié avoir reçu un pot-de-vin de Michel Lalonde. L'ingénieur de Génius avait pourtant avoué devant la commission avoir remis 2000 $ à l'ex-haut fonctionnaire, car il siégeait sur un comité de sélection qui avait retenu sa firme de génie-conseil pour un contrat dans l'est de l'île.

«M. Lalonde est un menteur», a affirmé M. Marcil, précisant qu'il avait des raisons de lui en vouloir.

Lorsqu'il a quitté la Ville, Robert Marcil a refusé l'offre de Michel Lalonde qui souhaitait l'avoir comme associé. Il a préféré celle du Groupe SM, puis il est allé marauder chez Génius pour débaucher deux agents techniques. Enfin, il a attaqué le marché de la couronne nord, chasse gardée de M. Lalonde.

M. Marcil a alors expliqué que la compétition était rude entre les firmes d'ingénierie, ce qui venait expliquer pourquoi Michel Lalonde était venu salir sa réputation à la télévision.

«Il voulait me faire mal personnellement (...) C'est une technique pour me discréditer moi, Robert Marcil, et le Groupe SM.»

«Vous vous donnez beaucoup d'importance Monsieur», lui a lancé le commissaire Lachance.


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