Bon rendement pour la Caisse de dépôt en 2012


Michel Munger

Dernière mise à jour: 27-02-2013 | 15h29

La Caisse de dépôt et placement du Québec a enregistré 9,6 % de rendement pour l'année 2012 grâce à la progression des Bourses et, surtout, du secteur financier mondial.

Le rendement dépasse de 0,3 point celui de l'indice de référence, qui s'est situé à 9,3 %. L'actif en fin d'année est évalué à 176,2 milliards $. Les gains de placement se sont élevés à 14,9 milliards $ tandis que les nouvelles cotisations ont ajouté 2,3 milliards $.

La Caisse a expliqué son succès par la progression de ses actions mondiales. La catégorie a généré 12,2 %, légèrement sous l'indice, qui se situe à 12,4 %.

Le secteur financier mondial a rapporté 25 % parce que les banques centrales ont fourni un grand soutien à l'économie en fin d'année, a expliqué Roland Lescure, chef des placements de l'institution. Les banques canadiennes n'ont pas donné les mêmes résultats, à 17 %. Elles ont toutefois mieux performé pendant la crise financière.

Dans la même lignée, le marché canadien a été moins porteur. Les ressources naturelles et à l'énergie ont plombé le portefeuille.

Le créneau des placements à revenu fixe, tels que les obligations, a fait des gains de 3,9 %, soit 0,7 point de plus que l'indice de référence. La Caisse a misé sur la réduction du risque avec la crise de l'euro. Les choix effectués en matière d'obligations ont un grand impact parce qu'il s'agit du quart des actifs.

Le président et chef de la direction, Michael Sabia, a rappelé que l'instabilité peut revenir. Il a évoqué, sourire en coin, le regain d'influence de Silvio Berlusconi en Italie.

«Les risques extrêmes ont diminué de façon importante, a-t-il toutefois. Il y a toujours une possibilité que quelque chose d'exogène arrive, comme une crise politique ou un changement de posture du gouvernement italien. Il y a des risques, mais sont-ils majeurs ? Probablement pas.»

En 2012, les placements «sensibles à l'inflation» ont généré 11,1 % de rendement, deux points sous la référence. Les infrastructures ont le plus déçu en gagnant 8,7 %, contre un indice de 15 %. Ce portefeuille serait quand même plus stable que les comparables comprenant des actions volatiles.

La Caisse a aussi indiqué qu'elle s'active au Québec, ayant misé 2,9 milliards $ l'an dernier pour porter son actif local à 47,1 milliards $. Les acquisitions du Groupe CGI et de Genivar y ont largement contribué, tandis que le placement dans Québecor Média a été réduit de 1,5 milliard $.

Le rendement au Québec n'est toutefois pas mesuré en raison de sa répartition dans une multitude de portefeuilles.

Les marchés émergents prennent par ailleurs plus de place à la Caisse, qui a fait passer son exposition de 9,6 milliards $ à 12,1 milliards $.

En fin de compte, Michael Sabia s'est dit satisfait d'avoir livré un rendement moyen de 10,7 % depuis 2009. Il refuse de tomber dans ce qu'il appelle le «court-termisme».

«C'est une maladie grave sur les marchés, a-t-il lancé. La raison pour laquelle nous sommes en train de nous éloigner des indices et des marchés quotidiens, c'est que cette maladie ne donne pas un environnement dans lequel nous serons en mesure de bâtir l'épargne des Québécois.»

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