La manifestation s'est terminée par des affrontements

Dernière mise à jour: 26-02-2013 | 15h17

Entre 5000 et 10 000 personnes ont manifesté mardi après-midi pour réclamer la gratuité scolaire à l'invitation de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ). Treize manifestants ont été arrêtés.

La manifestation, qui s'était élancée vers 14h45 du square Victoria, à Montréal, a été immédiatement déclarée illégale, car l'itinéraire n'avait pas été communiqué aux autorités. Elle est toutefois restée relativement calme jusqu'à 15h30.

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Un groupe s'est ensuite dissocié du cortège à hauteur de la rue Saint-Denis et des échauffourées ont été observées entre quelques dizaines de jeunes masqués et habillés de noir et les forces de l'ordre.

Depuis l'hélicoptère de TVA Nouvelles, on pouvait voir des manifestants jeter des projectiles, des balles de neige et de glace ou encore des roches sur les chevaux de la cavalerie et les policiers, et chercher la confrontation avec les autorités.

Les agents du groupe d'intervention du Service de police de la Ville de Montréal, qui jusque-là encadrait le cortège à distance, ont fondu sur les plus agressifs des manifestants et ont tenté de les disperser, en usant de bombes assourdissantes et de gaz irritants.

L'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec a dû être appelée en renfort sur la rue Berri, à proximité de l'Îlot voyageur.

À 16h15, alors que le centre-ville de Montréal était complètement paralysé, le SPVM a estimé «que la situation n'était plus acceptable» et a exigé que la foule se disperse. De nombreux manifestants sont partis, dans le calme, mais plusieurs petits groupes ont continué d'aller au contact avec les policiers et à leur lancer des projectiles.

Le calme est revenu peu avant 17h30. «La plupart des manifestants se sont dispersés», pouvait-on lire sur le compte Twitter de la police de Montréal.

Selon le décompte final du SPVM, treize personnes ont été arrêtées, six pour attroupement illégal, cinq pour agression armée, un pour voie de fait sur des policiers et un autre pour possession de matériel incendiaire.

Durant la manifestation, les agents ont tiré avec des armes envoyant des billes de peinture verte sur les personnes qui commettaient des actes criminels «afin de les identifier et de les suivre» tout au long de l'après-midi, a confirmé mardi soir le porte-parole du SPVM, Jean-Bruno Latour. Il n'a toutefois pas voulu dire si c'est la première fois que cette méthode était utilisée à Montréal.

Par ailleurs, un policier et un manifestant ont été très légèrement blessés et transportés à l'hôpital par mesure préventive, selon Urgences-Santé.

Le service des autobus, qui a été perturbé une grande partie de l'après-midi, a également pu reprendre normalement en centre-ville, a annoncé la STM.

L'ASSÉ, qui avait décidé de ne pas prendre part au Sommet sur l'éducation supérieure, puisque la gratuité scolaire n'était pas au menu des discussions, tenait à faire valoir son opposition à la décision du gouvernement Marois d'indexer les droits de scolarité à l'université de 3 %. Ces derniers seront ainsi majorés d'environ 70 $ par année dès l'an prochain, en plus des frais afférents.

«Le gouvernement n'a jamais eu l'intention de tenir un véritable exercice de réflexion, a regretté le co-porte-parole de l'ASSÉ Jérémie Bédard-Wien. Sous le faux prétexte d'impératifs économiques, ce sommet sert plutôt à confirmer une nouvelle hausse des frais de scolarité, malgré l'opposition ferme de la communauté universitaire».

«Un an après le plus grand mouvement social des dix dernières années, qui a revendiqué un gel des frais de scolarité, il est insultant que le gouvernement nous impose cinq mois plus tard la même hausse étalée sur quinze ans», peut-on également lire sur le communiqué de l'Association, émis au début de la manifestation.

L'association la plus radicale du mouvement étudiant souhaite proposer une «vision différente de l'éducation », pouvait-on lire sur son compte Twitter mardi matin.

Environ 40 000 étudiants avaient voté pour une journée de grève et une vingtaine d'autobus de manifestants étaient attendus pour la manifestation.


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