Une députée libérale insulte la ministre Martine Ouellet


Jean-Luc Lavallée

Dernière mise à jour: 21-02-2013 | 19h14

QUÉBEC - La députée libérale Danielle St-Amand a envoyé «chier» sans détour la ministre Martine Ouellet lors d'une séance de travail privée, mardi soir, provoquant le capotage de la commission parlementaire sur le déclassement de Gentilly-2.

«Les fils se sont touchés», a-t-on convenu dans les rangs libéraux. En plus de lui dire «va donc chier», la députée de Trois-Rivières, farouche partisane de la réfection de la centrale nucléaire, a aussi qualifié la ministre de «crisse de folle», ont confirmé plusieurs sources.

Les députés péquistes Noëlla Champagne et Luc Trudel se sont portés à la défense de la ministre des Ressources naturelles, jeudi. Ils ont condamné ces propos «inacceptables» et «grossiers» lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.

«La tension (était) incroyable. En huit ans de parlementarisme, je n'ai pas vécu ça...», a déclaré Mme Champagne.

Fin des discussions

Dans les circonstances, le PQ a mis fin aux discussions avec l'opposition sur Gentilly-2.
Conséquence : les membres de la commission qui étudiaient les impacts du déclassement de la centrale nucléaire et le plan de diversification économique ne produiront pas de rapport.

Encore moins de recommandations, malgré les attentes dans le Centre-du-Québec et en Mauricie. «Ça devenait impossible», a plaidé Mme Champagne.

«Attitude indigne» selon Ouellet

Mme Ouellet a brièvement réagi, déplorant cette attitude «indigne d'une parlementaire». «Si elle a des excuses à présenter, je suis tout à fait prête à (les) entendre», a dit la ministre.
Pas question, toutefois, de reprendre le dialogue sur Gentilly-2. «Je pense que ce volet-là, il est clos», a-t-elle martelé.

St-Amand s'excuse

La députée de Trois-Rivières a finalement présenté ses excuses à la ministre Ouellet, par voie de communiqué, jeudi en fin d'après-midi.

«Je suis profondément peinée de la tournure des événements, a déclaré la députée. Je tiens à m'excuser auprès de la ministre Ouellet ainsi qu'auprès de mes collègues de la Commission pour mes propos qui j'en conviens, étaient inappropriés et qui ont nettement dépassé mes intentions.»

En entrevue, elle s'est dite «franchement désolée» pour ses écarts langagiers.

«Je me suis emportée, a dit Mme St-Amand. Ce n'est pas mon genre. Ce dossier-là me tient vraiment à cœur, je le fais pour les gens de chez nous.»

Au cours du même entretien, elle a toutefois reproché à la ministre d'avoir mis le feu aux poudres avec son «arrogance» et «l'ingérence» dont elle a fait preuve en s'impliquant activement dans une séance de travail.

«Jamais un ministre ne va voter dans une séance de travail, ça ne s'est jamais fait! À cause du pouvoir d'influence. Est-ce que c'est de la dictature ?» s'est-elle demandé à voix haute. Selon elle, Mme Ouellet ne cherchait qu'un prétexte pour mettre fin aux travaux de la commission parce qu'«elle ne voulait pas de rapport».


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