Jean-Luc Lavallée
Agence QMI

Diane De Courcy lance un appel au calme

Protestations | Loi 101 - Diane De Courcy lance un appel au calme

La ministre Diane De CourcyPhoto Stevens Leblanc / Agence QMI


Jean-Luc Lavallée

QUÉBEC - La ministre Diane De Courcy, qui pilote la réforme controversée de la loi 101, lance un appel «au calme» et invite les anglophones au dialogue.

Entre 100 et 200 personnes ont manifesté contre le projet de loi 14 visant à renforcer la Charte de la langue française au cours du week-end, à Montréal, devant le bureau de la première ministre Pauline Marois.

Bien que la manifestation se soit déroulée de façon pacifique, certains slogans et messages sur les pancartes ont visiblement irrité la ministre. «Dégage Marois !», pouvait-on entendre. D'autres ont même taxé le Parti québécois de racisme.

«Des fois, les émotions font en sorte que les mots dépassent la pensée. Il faut être relativement calme dans ce débat-là. Je les appelle au calme, à la modération et surtout à partager leur point de vue. Moi, je crois beaucoup au processus parlementaire et je dis que c'est la place pour faire valoir des points de vue et pour faire évoluer des projets de loi», a déclaré Mme De Courcy, lundi, en marge de l'étude des crédits de son ministère.

Le ministre Jean-François Lisée, responsable de la Métropole, a banalisé l'ampleur du mouvement de protestation. «Qu'il y ait entre 100 et 200 personnes qui manifestent, c'est leur droit, c'est le signe qu'il y a du mécontentement (mais) ce n'est pas massif. On a vu dans le passé, par exemple pour les fusions, qu'il y avait des dizaines de milliers de personnes dans la rue, alors il faut juger au mérite. Maintenant, je comprends qu'il y ait de l'opposition. Il y a une commission parlementaire ; venez à la commission et faites des propositions !»

Consultation en ligne

La ministre De Courcy dit avoir déjà reçu entre 75 et 80 mémoires en vue de la commission parlementaire dans trois semaines. Elle invite les citoyens, qui «n'ont pas l'habitude de rédiger des mémoires», à s'exprimer sur le site web de la Commission de la culture et de l'éducation au sujet du projet de loi 14 en remplissant un questionnaire en ligne.

Ouverte à des amendements ?

Se disant «profondément à l'écoute» de «toutes les suggestions possibles», Mme De Courcy est néanmoins demeurée très floue sur la possibilité d'amender son projet de loi.

«Je ne vous annoncerai pas que je suis ouverte à ceci ou cela... J'ai trop de respect pour les travaux parlementaires pour les devancer. Quand on fait une commission, c'est pour que l'ensemble des parlementaires s'installe dans une posture d'écoute alors amendements, corrections, règlements, etc., tout ça va être envisagé dans le cadre de la commission parlementaire.»

Les consultations publiques doivent débuter le 12 mars prochain à l'Assemblée nationale.

Opposition libérale

Les libéraux rejettent en bloc le projet de refonte de la loi 101, n'en voyant tout simplement pas l'utilité. «Les études ne démontrent pas la nécessité du projet de loi 14. La ministre voit malheureusement le bilinguisme ou l'usage de l'anglais comme une menace qu'il faut éradiquer», a déclaré lundi le député libéral Marc Tanguay.

La CAQ n'a pas encore officiellement annoncé ses couleurs, mais a déjà exprimé de «sérieuses réserves», notamment quant à la perte potentielle du statut bilingue de certaines municipalités. Elle déplore aussi que les enfants de militaires, mutés d'une province à l'autre, ne puissent plus bénéficier d'une exemption pour fréquenter l'école anglaise si le projet de loi du PQ est adopté tel quel.



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