L'ex-patron Pierre Duhaime plaide non coupable


Michaël Nguyen

Dernière mise à jour: 11-02-2013 | 12h26

MONTRÉAL - L'ex-patron de SNC-Lavalin Pierre Duhaime a été formellement accusé de fraude, de complot pour fraude et d'usage de faux, lundi, au palais de justice de Montréal. Il n'était pas présent, mais son avocat a plaidé non coupable en son nom.

Les fraudes auraient été commises entre avril 2009 et août 2011 à l'encontre du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Avec l'aide de son complice, l'ancien vice-président de Construction de SNC-Lavalin Riadh Ben Aïssa, Duhaime, 58 ans, aurait obtenu des contrats de façon douteuse. Il avait été arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en novembre dernier, soit deux mois après une perquisition de l'UPAC dans les bureaux du CUSM.

Duhaime avait démissionné en mars 2012 de son poste de chef de la direction de la plus grande firme d'ingénierie du pays.

Étant donné le plaidoyer de non-culpabilité, la cause a été remise au 23 mai prochain, date à laquelle la poursuite remettra la preuve contre l'accusé à Me Michel Massicotte, de la défense.

L'avocat a profité de la comparution devant le juge Denis Mondor pour alléger les conditions de liberté de son client.

Duhaime pourra désormais sortir du Québec et voyager au Canada.

«C'était pour lui permettre d'avoir un peu plus de liberté de circulation, a commenté Me Massicotte. Si M. Duhaime doit aller à l'extérieur du pays, nous aviserons en conséquence.»

Il lui est également interdit de faire une demande de passeport et de communiquer avec son co-accusé dans ce dossier, Riadh Ben Aïssa, l'ancien vice-président Construction de SNC-Lavalin.

Ben Aïssa, qui fait face aux mêmes chefs d'accusation que Duhaime, était lui aussi absent lundi. Il est détenu en Suisse dans une autre affaire de corruption, de fraude et de blanchiment d'argent en Afrique du Nord.

L'homme de 54 ans devra toutefois vraisemblablement faire face à la justice québécoise. «Il sera ramené (au Canada), les procédures d'extradition sont en marche, a fait savoir Me Marie-Hélène Giroux, de la Couronne. Quand ce sera le temps, il sera réclamé.»

Selon un mandat de perquisition de la GRC, SNC-Lavalin aurait versé 160 millions $ de pots-de-vin entre 2001 et 2011 à l'ancien régime libyen de Mouammar Kadhafi, afin d'obtenir des centaines de millions de dollars de contrats en Libye.

L'argent aurait transité à travers les comptes de Riadh Ben Aïssa.


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