Le cardinal Marc Ouellet futur pape?


Jules Richer

MONTRÉAL - Le cardinal Marc Ouellet pourrait-il succéder au pape Benoît XVI ? Les paris sont ouverts.

Les bookmakers de Londres n'ont pas tardé lundi à accorder une cote élevée à l'ancien archevêque de Québec. Ils lui ont donné une chance sur trois de prendre la place de Benoît XVI, qui a annoncé sa démission pour des raisons de santé.

Le cardinal Ouellet se classe ainsi au deuxième rang des successeurs préférés de la firme londonienne Ladbrokes. La position de tête revient au cardinal ghanéen Peter Turkson avec deux chances sur cinq.

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Mais, de façon plus sérieuse, le nom du cardinal Ouellet, qui est âgé de 68 ans, circule depuis quelque temps dans les cercles catholiques comme aspirant au trône de saint Pierre. En 2011, le «National Catholic Reporter», le principal média catholique américain, plaçait le cardinal Ouellet dans la liste des trois principaux remplaçants éventuels de Benoît XVI.

«Le cardinal Ouellet est actuellement préfet de la Congrégation pour les évêques, un poste puissant qui pourrait avantager sa candidature, puisqu'il saurait prendre les rênes de la bureaucratie du Vatican», écrivait le «Catholic Reporter».

Le prélat est généralement considéré comme un conservateur dans l'Église et défend donc des positions à droite de l'échiquier catholique, notamment en matière d'avortement.

Lors de son passage comme archevêque de Québec, de 2003 à 2010, il avait suscité de vives réactions en affirmant que l'avortement ne devrait pas être pratiqué même en cas de viol. À la suite de ces déclarations, l'Assemblée nationale du Québec avait senti le besoin d'adopter une motion unanime réaffirmant le droit des femmes à l'avortement.

Selon le «Catholic Reporter», le cardinal Ouellet a la stature d'un futur pape à cause de ses solides connaissances théologiques et du fait qu'il parle couramment plusieurs langues.

De son côté, le «New York Times» a précisé lundi qu'«il n'y a pas de favori qui se détache parmi les nombreux prétendants possibles, groupe qui comprend le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, le cardinal Christoph Schoenborn, archevêque de Vienne, et le cardinal Marc Ouellet.»

Originaire d'Abitibi

Le prélat est originaire du petit village de La Motte, en Abitibi. À l'été 2011, il avait accordé une entrevue à l'hebdomadaire «La Frontière» sur la possibilité d'être nommé pape. «Ah, mon Dieu, ce serait un cauchemar», s'était-il exclamé.

«On ne peut pas empêcher le monde de rêver», avait d'abord répondu le cardinal Ouellet, souriant. Il avait ensuite expliqué qu'il voyait «le travail que le pape a à faire». «Ce n'est peut-être pas très enviable, c'est une responsabilité écrasante.»

«Enfin, il y a la grâce de Dieu, il y a l'aide du Saint-Esprit, évidemment, mais c'est une grosse responsabilité», avait-il ajouté.

Seule ombre possible au tableau pour la candidature du cardinal Ouellet comme pape : son frère Paul avait plaidé coupable en 2009 à deux accusations d'agressions sexuelles à l'endroit de deux adolescentes.

Au diocèse d'Amos, Mgr Gilles Lemay, qui a travaillé avec le cardinal Ouellet à Québec, a rappelé que les favoris comme papes ne sont pas toujours ceux qui sont choisis. «Un dicton dit : ‘‘celui qui entre pape au conclave en ressort cardinal'', alors je m'abstiendrais de prédictions», a-t-il affirmé.

Avec la collaboration de David Prince et de Naveen Murthy.



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