Borsellino malmené


Mélanie Colleu

Dernière mise à jour: 06-02-2013 | 20h18

MONTRÉAL - L'entrepreneur Joe Borsellino a été cuisiné mercredi après-midi par le procureur de la commission, Me Simon Tremblay à propos des relations qu'il pourrait entretenir avec des membres du crime organisé.

La juge Charbonneau a elle aussi décidé de mettre les pieds dans le plat. «Avez-vous payé une cote à la mafia?» a-t-elle demandé sans détour au président de Garnier Construction.

Elle faisait ainsi référence au témoignage de l'entrepreneur Lino Zambito, qui avait confié en septembre qu'il devait payer une commission à la mafia sur les contrats qu'il obtenait de la Ville de Montréal. En échange, la mafia entretenait le système de collusion.

«Non. J'aurais préféré donner mes clefs d'entreprise», a répété plusieurs fois Joe Borsellino.
Il a cependant admis que le crime organisé pourrait en effet avoir la main mise sur la distribution des contrats à Montréal. «Le milieu de la construction est infiltré par le crime organisé, a-t-il dit. C'est ce qu'on entend.»

Mais il affirme ne jamais avoir été témoin de quoi que ce soit, d'avoir seulement entendu des «rumeurs».

Café Cosenza et mariage chez les Rizzuto

Après avoir déclaré qu'il connaissait la famille Rizzuto, originaire de Sicile comme lui, mais qu'il n'était jamais invité à ses évènements, il a quelque peu changé sa version.

Mis au pied du mur par le procureur Me Tremblay, il a avoué qu'il été allé au mariage du fils de Vito Rizzuto, Leonardo.

Quant à Vito Rizzuto, il était inscrit au même club de golf que lui, à Blainville.

Il a également fréquenté le café Cosenza, connu pour être le quartier général du clan des Rizzuto. Mais il assure ne jamais être allé dans la pièce du fond, où avaient lieu des échanges d'argent entre entrepreneurs et mafieux, selon des vidéos filmées par la police.

Il a assuré à maintes reprises n'avoir jamais remis d'argent à qui que ce soit.

Joe Borsellino connaît également Nicolo Milioto, depuis 1988. Ce dernier est présent depuis mardi dans la salle d'audience de la commission. On ne sait pas encore s'il s'agira du prochain témoin.

Il a précédemment été décrit comme le «middleman», c'est-à-dire l'homme qui faisait l'intermédiaire entre les entrepreneurs en construction et la mafia.

Agressé en 2009

Les commissaires sont également revenus sur une agression dont a été victime M. Borsellino en 2009, à son bureau. Trois hommes seraient entrés et l'auraient tabassé.
L'entrepreneur, qui n'a pas porté plainte, a subi une chirurgie de sept heures pour reconstruire sa mâchoire.
Selon lui, cet événement pourrait être relié au milieu de la construction, voir peut-être à la mafia. Mais il a soutenu qu'il ne savait pas.


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