Les mini-centrales à la poubelle

Québec

Martine Ouellet  Photo Agence QMI /Archives


Charles Lecavalier

QUÉBEC - La centrale de Val-Jalbert sera la seule mini-centrale autorisée par le gouvernement Marois. Les autres projets se retrouvent à la poubelle, a confirmé le gouvernement mardi.

Le programme de construction de petites centrales hydroélectriques, qui prévoyait l'achat de 125 mégawatts à des intérêts privés, a été mis au rancart pour des «motifs économiques».
Il met ainsi fin aux six projets de mini-centrales hydro-électriques.

Six projets, dont celui de la centrale Saint-Gabriel sur la Jacques-Cartier, à Shannon, et celui de la 11e chute, sur la rivière Mistassini au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au bureau de la ministre, on confirme que le «projet de petites centrales hydroélectriques pour les communautés locales ou autochtones» est totalement «abandonné» à l'exception de la controversée centrale de Val-Jalbert.

«Dans le contexte actuel de surplus énergétique, Hydro-Québec économisera 24 millions $ chaque année grâce à cette décision. C'est donc l'ensemble des Québécois qui seront gagnants en évitant des pertes importantes», a expliqué la ministre Martine Ouellet dans un communiqué de presse.

Les promoteurs indemnisés

La décision de Martine Ouellet est prise dans un contexte où Hydro-Québec dispose d'un surplus d'énergie. Le gouvernement Marois avait aussi justifié la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2 pour des motifs de non-rentabilité économique.

Les promoteurs des six projets abandonnés recevront des «indemnisations» en fonction de l'état «d'avancement des projets» et des «dépenses effectuées.»

En 2002, le gouvernement péquiste avait décrété un moratoire sur les mini-centrales hydroélectriques. Vraisemblablement, le projet de mini-centrale à Val-Jalbert a évité le couperet puisqu'il avait déjà franchi certaines étapes règlementaires, malgré l'opposition de plus en plus vive dans la région.

Bien accueilli par l'opposition

La Coalition Avenir Québec et Québec solidaire ont salué la mise au rencart de ces projets de petites centrales, mais ces deux partis ont déploré que celui de Val-Jalbert soit toujours maintenu.
«Cette décision est totalement injustifiable, que ce soit sur le plan économique ou environnemental», a déclaré le porte-parole de la CAQ, François Bonnardel, par communiqué.
Nature Québec a applaudi la fin de ces projets en affirmant qu'il s'agit d'une «bonne nouvelle».

«Dans un contexte de surplus énergétique, où l'énergie produite coûtait beaucoup plus cher aux Québécois que ce qu'elle rapportait, la poursuite de ce programme aurait été un non-sens», a déclaré par communiqué Christian Simard, directeur général de Nature Québec, qui est toutefois contre le maintien du projet de Val-Jalbert.

À l'opposé, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a qualifié ces abandons de projets d'injustifiés.

«Il est désolant de voir que les milieux locaux devront encore se contenter de mesures de dédommagement alors que c'est d'un véritable levier de développement dont on les prive», a dit Bernard Généreux, président de la FQM.M. Généreux a souligné que les projets visés avaient été retenus dans le cadre du Programme d'achat d'électricité pour des petites centrales hydroélectriques.


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