Giuseppe Borsellino a de nombreux trous de mémoire

Dernière mise à jour: 04-02-2013 | 22h45

MONTRÉAL - Le président de Construction Garnier, Giuseppe Borsellino, a livré lundi un court témoignage d'à peine une heure à la commission Charbonneau. Le procureur de la commission s'est affairé à tracer le portrait de l'empire dirigé par le témoin, qui est d'une ampleur plutôt impressionnante.

Pendant de longues minutes, l'entrepreneur a été questionné sur ses liens avec l'ex-directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis.

En plusieurs occasions, M. Borsellino n'a pas été en mesure de répondre précisément aux questions du procureur de la commission Me Simon Tremblay. Il faut dire que le président de Construction Garnier a refusé de rencontrer les enquêteurs de la commission pour préparer son témoignage.

L'essentiel du témoignage entendu lundi était particulièrement technique. L'interrogatoire doit se poursuivre mardi matin.

Lors de son témoignage l'automne dernier, l'ex-entrepreneur Lino Zambito avait identifié l'entreprise de M. Borsellino comme partie prenante du système de collusion.

Plus tôt en matinée, lors du témoignage de Joseph Farinacci, ex-directeur stratégie et transactions immobilières à la Ville de Montréal, le procureur de la commission Me Cainnech Lussiaà-Berdou s'est attaqué au projet Marc-Aurèle-Fortin pour lequel la Ville a vendu un immense terrain pour la réalisation d'un projet domiciliaire.

Le témoin a affirmé que, selon lui, la vente du terrain a été truffée d'irrégularités.

Au printemps 2006, le comité de sélection indépendant qui devait évaluer les trois propositions reçues a transmis son choix à M. Farinacci. C'est le projet d'Iberville qui avait alors été choisi. Or, lorsque M. Farinacci a annoncé ce choix au comité stratégique, le président du comité exécutif Frank Zampino aurait manifesté son désaccord.

«Il n'était pas d'accord et lorsque je lui ai demandé pourquoi il m'a dit que ça ne pouvait pas être Iberville parce que, selon lui, ça devrait être Petra St-Luc. Je ne comprenais pas sa réaction», a raconté Joseph Farinacci.

Le contentieux de la Ville de Montréal a par la suite réussi à obtenir un avis juridique externe pour exclure la proposition d'Iberville, la jugeant «non conforme». Un deuxième avis a aussi précisé que la Ville devait poursuivre le processus avec les deux propositions restantes.

C'est finalement Petra St-Luc, le choix de Frank Zampino, qui a été sélectionné pour mener à bien le projet, et ce, même s'il avait offert le prix le plus bas avec une offre initiale de 1 million $ pour acheter le terrain.

Joseph Farinacci a alors exigé que Petra St-Luc majore son offre de 500 000 $ pour faire avancer le dossier, ce qui aurait déplu à Zampino. La condition a tout de même été remplie et le terrain a été vendu pour 1,5 million $.

Joseph Farinacci a quitté son poste en mars 2007. «J'ai démissionné parce que depuis assez longtemps je devais me battre pour que certaines transactions soient à la hauteur des meilleures pratiques», a-t-il dit.

Les travaux de la commission Charbonneau s'étaient auparavant ouverts lundi matin avec la suite du témoignage de Jacques Victor, spécialiste en matière d'appels d'offre et d'octroi de contrats. La fin de son témoignage a été frappée d'une ordonnance de non-publication, car il a notamment étudié le dossier du Faubourg Contrecœur, qui est au centre d'une importante poursuite judiciaire.

Le procès entourant cette affaire est prévu pour mars. L'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, l'entrepreneur Paolo Catania et le collecteur de fonds Bernard Trépanier sont au nombre des accusés.


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