Le gouvernement souhaite entendre la population


Geneviève Lajoie

Dernière mise à jour: 01-02-2013 | 18h30

ESTÉREL - Les Québécois auront à se prononcer ce printemps sur l'encadrement des accommodements raisonnables. Le gouvernement Marois souhaite notamment bannir des institutions et des services publics les signes religieux apparents.

«Le choix du Parti québécois n'a pas été celui d'une laïcité ouverte, mais plutôt d'une laïcité stricte et c'est l'orientation que moi je privilégie, mais je me permets quand même de déposer une proposition qui va permettre d'entendre une dernière fois les Québécois sur cette question», a lancé la première ministre Pauline Marois, vendredi, au terme d'un caucus de deux jours des députés de son parti, qui s'est tenu à l'Estérel dans les Laurentides.

Malgré sa situation minoritaire, pas question donc pour le gouvernement péquiste de mettre de l'eau dans son vin dans ce dossier. «On ne reculera en rien», a précisé celui qui pilote le dossier, le ministre Bernard Drainville.

«Notre engagement est ferme; on veut s'assurer que les valeurs québécoises soient respectées. Ça prend des règles claires sur la question des accommodements. La neutralité des services publics et des institutions publiques doit être inscrite très clairement et on pense que c'est une condition essentielle pour assurer l'égalité de tous les citoyens et en particulier l'égalité homme-femme», a-t-il insisté.

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La forme que prendra cet encadrement des accommodements religieux n'est toutefois pas encore arrêtée. C'est sur cet aspect que pourrait reculer le PQ, qui s'était engagé à élaborer une Charte québécoise de la laïcité. Une récente décision de la Cour suprême, qui a autorisé le témoignage d'une femme portant le niqab dans certains cas, pourrait aussi compliquer la tâche.

Le temps presse, plaide néanmoins le ministre Drainville. «Il ne faut pas attendre d'avoir une crise, il ne fait pas attendre d'avoir des tensions.»

Le gouvernement Marois devra gérer plusieurs dossiers identitaires sensibles, ce printemps. «Peut-être que la deuxième phase pourrait être plus difficile. On entre dans une période où on attaque des morceaux un peu plus costauds», a laissé tomber la première ministre au terme de l'événement qui s'est déroulé à l'hôtel L'Estérel, qui s'était transformé, pour l'occasion, en une véritable fourmilière de policiers.

Outre la laïcité, la nouvelle loi 101 présentée à l'automne occupera également le devant de la scène dans les semaines qui viennent. Le gouvernement devra avoir l'appui d'au moins un parti d'opposition pour la faire adopter, ce qui pourrait être ardu.

Le PQ ne semble d'ailleurs pas vouloir faire beaucoup de compromis à cet égard. «Nous sommes déterminés à faire adopter la nouvelle loi 101 et j'espère que les partis d'opposition vont mettre la partisanerie de côté sur cette question, c'est vital pour notre avenir comme peuple, c'est crucial pour la nation québécoise», a précisé Pauline Marois.

On en saura également plus sur la gouvernance souverainiste du PQ. Un plan d'action doit être présenté sous peu par le ministre Alexandre Cloutier.


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