Michel Lalonde exprime ses regrets


Hugo Bourgoin

Dernière mise à jour: 31-01-2013 | 19h14

MONTRÉAL - En conclusion de son témoignage devant la commission Charbonneau, le président-directeur général de Génius Conseil, Michel Lalonde, a tenu jeudi à s'excuser pour les gestes qu'il a posés dans le passé.

La voix nouée par l'émotion, il a lu une lettre dans laquelle il a exprimé ses regrets.

«J'aimerais prendre le temps d'exprimer mes profonds regrets concernant les événements que j'ai décrits au cours de mon témoignage, a-t-il dit. Malheureusement, je ne peux effacer ni le passé ni les événements auxquels j'ai participé.»

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«À cette époque, je croyais que c'était la chose à faire pour permettre à mon entreprise et à mes employés de travailler, a-t-il ajouté. Je comprends la portée de mes gestes et j'espère qu'on pourra un jour me les pardonner.»

Les commissaires Charbonneau et Lachance ont quant à eux tenu à remercier le témoin à plus d'une reprise pour le témoignage qu'il a livré pendant plusieurs jours.

«[Nous] voulons vous remercier pour votre grande collaboration aux travaux de la commission. Il est essentiel que des personnes de votre calibre collaborent avec nous», a dit la commissaire France Charbonneau.

Michel Lalonde a officiellement terminé son témoignage devant la commission jeudi avant-midi avec le contre-interrogatoire des avocats. Auparavant, depuis mercredi après-midi, les travaux avaient été frappés d'une ordonnance de non-publication.

L'avocat de l'administration de la Ville de Montréal, Me Martin Saint-Jean, a tenu à poser quelques questions au témoin avant de le libérer. Il a notamment voulu avoir plus de détails concernant le contrat de la rue De Clichy pour lequel Michel Lalonde a dit avoir donné de 1000 $ à 2000 $ à Robert Marcil.

M. Marcil aurait alors dit qu'il allait remettre ce montant à un membre du comité de sélection. Or, Me Saint-Jean a déposé un document prouvant que M. Marcil lui-même siégeait au comité de sélection, chose que M. Lalonde a dit ignorer.

Le député Villeneuve blanchi

Par ailleurs, la commission a reconnu son erreur concernant des compagnies dont des véhicules ont été faussement associés au Café Consenza. Plancher Mirage André Villeneuve - une entreprise qui appartient au député de Berthier, André Villeneuve - et Constructions LPG ne devaient pas être mentionnées devant la commission. C'est une erreur dans les plaques d'immatriculation qui est à l'origine de cette bévue, a admis la procureure en chef.

Par voie de communiqué, jeudi, le député de Berthier s'est dit «heureux et soulagé» d'apprendre que son nom et celui de sa compagnie avaient été retirés de la liste soumise à la commission.

«La commission Charbonneau, par sa mission et la crédibilité qu'elle doit avoir dans l'opinion publique, reconnaît donc qu'il y a eu preuve d'une information qui s'est avérée erronée en ce qui me concerne et présente aujourd'hui cette déclaration rétablissant pleinement ma réputation», peut-on lire dans le communiqué.

Le passage devant la commission Charbonneau de Michel Lalonde aura été aussi marquant, sinon plus, que celui de l'ex-entrepreneur Lino Zambito, l'automne dernier.

Au cours de son témoignage, le président et chef de la direction de Génius Conseil a lâché de nombreuses bombes, impliquant de nombreux élus de la Ville de Montréal et de la couronne nord.

Il a aussi confirmé que sa firme de génie a contribué pendant des années et à hauteur de dizaines de milliers de dollars à la caisse électorale de partis politiques provinciaux via un système de prête-noms impliquant sa famille et ses associés.

Le témoin a aussi donné certaines informations concernant les affaires du Faubourg Contrecœur et de l'usine d'épuration des eaux de Boisbriand. Comme ces dossiers font actuellement l'objet d'accusations criminelles, le témoignage de M. Lalonde a eu lieu en mode non-publication et il nous est impossible d'en rapporter les détails.


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