Robert Abdallah de nouveau dans la mire

Dernière mise à jour: 28-01-2013 | 13h03

MONTRÉAL – L'ingénieur Michel Lalonde a raconté comment l'ex-directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, aurait pu intervenir dans le cadre d'un contrat sur la rue Sherbrooke Est, en 2005.

En faisant ces déclarations, lundi, dans le cadre des travaux de la commission Charbonneau, le PDG de la firme Génius a corroboré en partie la version livrée aux commissaires par l'entrepreneur Lino Zambito, en septembre.

M. Abdallah avait à l'époque nié toute implication de sa part dans ce fameux contrat de plus de 10 millions $, qui visait à régler un problème environnemental majeur dans l'Est de l'île : les eaux usées de plus de 250 maisons se déversaient directement dans le fleuve.

La firme de Michel Lalonde, appelée Groupe Séguin à l’époque, était chargée de la conception du projet et de la surveillance des travaux.

Une rencontre entre Accurso, Lalonde et Abdallah

En octobre 2005, sous les recommandations de la firme de génie-conseil, c'est l'ancienne entreprise de Lino Zambito, Infrabec, qui est retenue comme étant la plus basse soumissionnaire.

Dans les plans et devis, deux possibilités étaient offertes à l'entrepreneur pour installer ses tuyaux. Mais finalement, M. Zambito n'aurait pas vraiment eu le choix.
En effet, un représentant du fournisseur de tuyaux Tremca aurait appelé Michel Lalonde.

«Écoute Michel, ton dossier de collecteur à Montréal, il est sur le bureau de M. Abdallah à la direction générale. Si la solution préfabriquée était choisie, le dossier pourrait bien cheminer», lui aurait-on dit.

«C'était un message clair», a analysé Michel Lalonde devant les commissaires.

Ce dernier aurait alors demandé un rendez-vous avec Robert Abdallah. «Je l'avais déjà rencontré quelques fois», a-t-il confié, expliquant que l'ex-DG de la Ville lui avait été présenté par Tony Accurso au cours d'un lunch au restaurant L'Onyx, à Laval.

M. Abdallah lui aurait alors simplement dit qu'il n'avait «aucun problème» avec la solution préfabriquée, et que le dossier «suivrait son cours» devant le comité exécutif.

300 000 $ de plus

Seulement voilà, cette solution posait à problème Lino Zambito, qui devait débourser 300 000 $ de plus s'il se fournissait chez Tremca.

Il en fait part lors d'une rencontre avec Michel Lalonde et un représentant de chez Tremca. Ce dernier aurait alors confirmé que ça valait 300 000 $ de plus avant d'ajouter : «Moi, après, il faut que je parle à M. Abdallah et il faut qu'on s'occupe de lui.»

Michel Lalonde aurait alors fait en sorte que les extras du chantier de Lino Zambito soient exagérés pour qu'ils couvrent la majorité des 300 000 $.

Des ristournes sur 10 contrats

En début de matinée, Michel Lalonde a par ailleurs confié qu'il avait versé une ristourne de 3 % à Union Montréal sur une dizaine de contrats qu'il a obtenus de la Ville entre 2004 et 2009.

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