Une grande voix s'est éteinte

MONTRÉAL - L'une des voix mythiques du Québec, le journaliste Richard Garneau, est décédé tôt dimanche matin. Il avait 82 ans.

Richard Garneau était aux soins intensifs de l'Hôpital Royal-Victoria depuis plus de deux semaines. À la fin du mois de décembre, il avait dû subir une opération au cœur à la suite d'un malaise cardiaque. En raison de complications survenues pendant la chirurgie, il est resté dans le coma pendant quatre jours avant de reprendre conscience le 9 janvier.

Commentateur et descripteur émérite, Richard Garneau a été la figure emblématique des Jeux olympiques pendant cinq décennies. Il a couvert toutes les présentations entre 1960 et 2010, hormis les Jeux d'été d'Atlanta, en 1996, et ceux d'hiver de Nagano, en 1998.

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Au total, il a été affecté à la description de 23 Jeux olympiques, un fait d'armes unique au monde et exceptionnel qu'il a couronné Jeux d'été de Londres, en 2012.

Il a de plus marqué les belles années de la «Soirée du hockey», où il a partagé l'écran avec René Lecavalier, Jean-Maurice Bailly et Lionel Duval.

Originaire de Québec et diplômé de l'Université Laval, il a amorcé sa carrière derrière le micro de la station de radio CHRC, en novembre 1953. Il a fait le saut devant les caméras quatre ans plus tard, alors qu'il fait son entrée à Radio-Canada, en tant que journaliste généraliste.

C'est toutefois en 1960 qu'il a choisi sa vocation et est devenu officiellement commentateur sportif. «On nous a demandé de nous spécialiser et j'ai choisi les sports, avait-il expliqué en entrevue au «Devoir», en 2002. J'avais le goût de voyager, d'élargir mes horizons. Et le service des sports prenait de l'ampleur, l'occasion était belle.»

Un demi-siècle

Un choix qui s'est avéré déterminant pour l'univers sportif québécois pendant plus d'un demi-siècle. Reconnu à plusieurs reprises pour l'étendue de ses connaissances et la richesse de son vocabulaire, M. Garneau a remporté quatre prix Gémeaux au cours de sa carrière. Ses 23 années passées à la «Soirée du hockey» et ses quatre saisons au «Hockey TVA» lui ont permis d'être intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1999.

Sa prestance, tout comme son élégance, lui a d'ailleurs permis d'être nommé le «Plus bel homme du Canada» en 1967, dans le cadre du concours organisé par Lise Payette.

Outre les Olympiques, Richard Garneau a été la voix de certaines des plus prestigieuses compétitions internationales de son époque, allant des Jeux du Commonwealth aux Jeux panaméricains. Il a aussi été un témoin privilégié de quelques-uns des moments les plus marquants de l'histoire du sport, dont la Série du siècle.

Au cours des dernières années, le commentateur a été affecté à la description du Tour de France, à Évasion. Un autre de ses dadas, avec le patinage artistique. «Il me restait un rêve, commenter le Tour de France en cyclisme, avait-il avoué au «Devoir». Et depuis, je l'ai réalisé. Quoi demander de plus, alors?»

Il avait aussi animé les Grands prix cyclistes de Québec et Montréal sur la chaîne TVA Sports en septembre 2012.

Ses compétences ont été honorées à maintes occasions. Outre ses prix Gémeaux, il a été élu chevalier de l'Ordre national du Québec en 2005. Il a reçu également du Comité international olympique (CIO) le «Prix Sport Media» en 2004, en reconnaissance pour ses années passées à décrire les Jeux olympiques. En 2006, il a été nommé membre de l'Ordre du Canada.

En parallèle avec sa carrière derrière les caméras, Richard Garneau a rédigé cinq livres, dont un résumé de sa carrière, « À toi... Richard », en 1992. Travailleur passionné, il était encore tout dernièrement en onde les week-ends, à la radio de Radio-Canada.

Tout au long de sa vie, Richard Garneau a été habité par son amour pour le sport : «À partir du moment où je vois un athlète se transcender devant mes yeux, surpasser ses limites, j'ai toujours cette passion qui m'anime», avait-il déclaré à «Le Journal de Montréal», en 2012.

Cette passion, il l'a transmise devant les caméras durant toute sa carrière, laissant ainsi une indélébile trace dans le paysage médiatique québécois.


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