Assurance-emploi: la colère gronde dans l'Est

Réforme

Le député Guy Caron, le coordonnateur d’Action populaire Rimouski-Neigette, Guy Labonté, Marie-France Ross, du Syndicat de la fonction publique du Québec, et Hélène Chouinard de la CSN. Photo Pierre Michaud / Agence QMI


Pierre Michaud

RIMOUSKI - Des syndicalistes, des politiciens et des travailleurs sociaux prévoient une grande mobilisation régionale pour contrer la réforme de l'assurance-emploi du gouvernement fédéral qui est entrée en vigueur le 7 janvier.

Cette réforme force notamment certaines catégories de prestataires à accepter n'importe quel travail situé à une heure de route de leur lieu de résidence, même si celui-ci est hors de leur champ d'expertise et qu'il impose une diminution salariale.

Elle risque d'affecter plus particulièrement les travailleurs saisonniers, comme aux Îles-de-la-Madeleine, où 40% des travailleurs sont dans cette situation et où une grande manifestation a eu lieu en fin de semaine dernière, qui devrait être le prélude à de nombreuses autres.

Les intervenants de la région rimouskoise rencontrés lundi laissent miroiter une mobilisation semblable au «printemps étudiant» de 2012.

«La réaction des citoyens de l'Est du Québec concernés par cette réforme est très forte. Les gens sont frustrés et désemparés. C'est fort possible qu'on arrive à de grandes manifestations suprarégionales qui regrouperont des gens de l'Est du Québec. C'est probablement le genre de mouvement que ça va nous prendre pour une mobilisation plus générale, pour être entendus par Ottawa, qui pourrait encore reculer», estime le député néodémocrate de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron.

Le coordonnateur d'Action populaire Rimouski-Neigette, Guy Labonté, craint que la réforme entraîne davantage de travail au noir et de criminalité, entre autres. «Nous allons ressentir les effets dans les prochains mois. On est encore en attente de voir ce que ça va entraîner. À un moment donné, ça va faire dur. En plus, le Québec va se retrouver avec le problème, car le nombre de prestataires d'aide sociale va sûrement augmenter.»

Importante assemblée

Au Québec, 34% des emplois sont saisonniers et le phénomène est surtout présent dans l'Est. «Allons-nous devoir fermer des villages?», s'interroge Guy Labonté.

«On ne craint pas seulement des impacts sur les individus mais sur toute l'économie régionale en raison de l'effet domino. Ça va être énorme. Une grande mobilisation est essentielle», disent les syndicalistes Marie-France Ross et Hélène Chouinard.

Une importante assemblée visant à informer et mobiliser la population aura lieu le mercredi 23 janvier, à 19h, au sous-sol de l'église Saint-Robert, à Rimouski. On y attend 400 personnes.


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