Des centaines de sympathisants manifestent à Montréal

Dernière mise à jour: 11-01-2013 | 17h01

MONTRÉAL - La manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines d'autochtones et non autochtones au Palais des congrès de Montréal, vendredi, en appui au mouvement de revendication «Idle No More», s'est terminée sans anicroche, en fin d'après-midi.

Ce sont deux jeunes femmes autochtones, Widia Larivière, une Algonquine de 28 ans, et Mélissa Mullen-Dupuis, une Innue de 34 ans, qui ont organisé cette manifestation, qui se déroule en marge du sommet réunissant le premier ministre Harper, des membres du gouvernement fédéral et les leaders des Premières Nations, vendredi à Ottawa.

«La différence avec le mouvement "Idle No More", c'est qu'il y a beaucoup de collaboration entre autochtones et non autochtones, a dit Mme Larivière. Ce n'est pas juste un problème autochtone, ça touche l'environnement, la démocratie, les droits humains et les droits fondamentaux.»

«On veut qu'il y ait une écoute réaliste avec les peuples des Premières Nations parce qu'on parle et on travaille pour nous, mais on ne nous écoute pas rendu là, a indiqué l'autre organisatrice, Mélissa Mullen-Dupuis [...] On ne dit pas que ce sont tous des mauvais chefs tous des mauvais ministres, on dit qu'ils doivent répondre et faire leur travail pour les gens qui les ont élus.»

La manifestation à Montréal, qui a débuté vers 13h, s'est déroulée de façon paisible, ponctuée de discours, de prières et de chants, sous la supervision du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des groupes étudiants, des représentants de Québec solidaire et des écologistes étaient présents parmi la foule.

Quelques centaines de manifestants ont quitté les lieux au milieu de l'après-midi pour arpenter la rue Sainte-Catherine jusqu'à la place Émilie-Gamelin où discours et chants se sont poursuivis. Les participants se sont ensuite dispersés dans le calme.

D'autres manifestations semblables en appui aux revendications autochtones se sont tenues à travers le pays, notamment à Winnipeg, Ottawa et dans plusieurs régions du Québec, dont Rimouski, Sept-Îles et Saguenay.

Abitibi et Gaspésie

La communauté autochtone de Pikogan, en Abitibi, s'est aussi rassemblée sur la route 109, près d'Amos, en soutien au mouvement «Idle No More». Bien qu'improvisé et organisé rapidement, le mouvement a réuni près de 150 personnes.

« "Idle no more", ça veut dire fini l'inertie, a précisé le chef de Pikogan, Bruno Kistabish. On doit agir. On supporte ça parce que nous, à Pikogan, on est en démarche vers l'autonomie. Ce n'est donc pas difficile pour nous de supporter cette cause.»

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À Rouyn-Noranda, quelques citoyens et des membres de l'Alliance Autochtone se sont réunis à la Place de la citoyenneté et de la coopération.

«Nous sommes ici pour appuyer les démarches de négociations qui sont en cours avec le gouvernement fédéral, a dit Natasha Paradis, vice-présidente d'Alliance Autochtone, section Rouyn-Noranda. On espère que cette fois-ci le gouvernement va être enclin à écouter les revendications des peuples autochtones et à agir de bonne foi. Je suis très contente des gens qui se sont déplacés.»

En Gaspésie, plus de 300 autochtones de la Première Nation de Listuguj ont fait une marche de protestation contre le projet de loi C-45 qui, selon eux, affectera grandement les lois pour la protection des eaux navigables, des ressources naturelles et de l'environnement dans la région gaspésienne.

Ils ont bloqué complètement toute circulation automobile sur le pont interprovincial Van Horne entre Campbellton, au Nouveau-Brunswick et Pointe-à-la-Croix, au Québec. Sous la surveillance des policiers de la Sûreté du Québec, la circulation a été détournée vers la route 132.


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