Reprise des négociations mercredi

SHERBROOKE - Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a annoncé que les négociations avec les ambulanciers en grève, au point mort depuis le 23 décembre, reprendraient mercredi.

À la suite d'une rencontre avec des employés paramédicaux affiliés à la CSN qui manifestaient lundi devant ses bureaux à Sherbrooke, le ministre péquiste a confirmé l'information.

«Bonne nouvelle, les négociations formelles à la table reprennent mercredi avec le groupe CSN, s'est-il félicité. On est toujours en attente d'autres dates pour les autres représentants syndicaux.»

Réjean Hébert a également qualifié de «bon enfant» le ton de l'entretien, en plus de se dire conscient des difficultés rencontrées quotidiennement par les ambulanciers qui «ont un travail pénible» et qui «doivent prendre leur retraite de façon prématurée».

«Ils m'ont fait valoir leurs éléments de litige [qui] portent sur le nombre d'échelons et sur le régime de retraite», a-t-il expliqué.

Il a toutefois tenu à souligner que le ministère ne possédait qu'une mince marge de manœuvre, mais qu'il souhaitait mettre fin au conflit «le plus rapidement possible».

Les employés paramédicaux ont toutefois prévenu que la grève se poursuivait et que leurs représentants continueront leur tournée des régions amorcée dimanche à Montréal. Une délégation doit d'ailleurs se rendre à Chicoutimi ce mardi.

Mesures administratives

Afin que la population n'en ressente aucun effet, c'est surtout sur le plan administratif que les pressions sont exercées et concernant le port de l'uniforme.

«Par exemple, nous ne ramenons plus les escortes qui nous accompagnent lors de transfert de patient», a indiqué Christian Beaudin, président du syndicat en Estrie.

Les ambulanciers souhaitent que leur fonds de pension soit bonifié et que les échelons salariaux soient ramenés de 16 à 14. Les travailleurs pourront ainsi plus rapidement atteindre le haut de l'échelle qui est fixé à 30,40 $ de l'heure.

Mais ils s'attendent aussi à ce que les difficultés reliées à leur travail soient reconnues. En effet, une carrière peut rapidement prendre fin à cause des blessures dont ils sont victimes au fil des années, des horaires surchargés, et des situations parfois traumatisantes auxquelles un ambulancier doit potentiellement faire face.

«Malgré les équipements auxquels on a accès, quand on doit sortir une personne d'une voiture accidentée, les conditions de travail ne sont pas optimales, a raconté Luc Thibeault, membre du comité de négociation nationale. On se tortille, on supporte le poids de la personne, ça nous use vite.»

Le président du syndicat pour les ambulanciers-paramédicaux de Montréal, Réjean Leclerc, a expliqué pour sa part que dans le reste du Canada, les risques reliés à ce type de travail sont reconnus. Après 25 ans de service, les travailleurs pour des corps de métier de première ligne comme les pompiers, les policiers et les ambulanciers sont en mesure de prendre leur retraite adéquatement.

Les ambulanciers sont sans convention collective depuis mars 2010 et ont déclenché une grève le 24 décembre 2012. Ce débrayage n'affecte toutefois pas le service à la population.

Les négociations avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et les associations patronales ont commencé en février 2011. Elles achoppent principalement sur le régime de retraite, que les ambulanciers aimeraient voir bonifié, et la rémunération, dont une réduction du nombre d'échelons est demandée.


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