Le gouvernement serre la vis aux chômeurs

Assurance-emploi - Le gouvernement serre la vis aux chômeurs

Le Parlement, à Ottawa.Photo André Forget / Agence QMI

OTTAWA - Les changements controversés apportés à l'assurance-emploi par le gouvernement conservateur cet été sont entrés en vigueur dimanche. À l'occasion, Ottawa a lancé le service Alerte-Emploi, qui fait partie de la réforme.

Avec ce nouveau service, deux fois par jour, les prestataires recevront par courriel des avis d'offres d'emplois qui correspondent à leurs compétences.

«Le nouveau service Alerte-Emploi est une composante importante du plan de notre gouvernement visant à aider les Canadiens et les Canadiennes à trouver un emploi dans leur région, a indiqué la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley.

Selon les consignes du gouvernement, une «recherche d'emploi raisonnable» doit aussi miser sur le réseautage et la préparation de bons curriculum vitae et lettres de présentations. Les prestataires de l'assurance-emploi pourraient perdre leur cotisation s'ils ne sont pas en mesure de démontrer qu'ils font une recherche d'emploi raisonnable.

Le nouveau système établit des mesures particulièrement sévères pour les chômeurs qui ont reçu des prestations à trois reprises, pour un total de 60 semaines, sur une période de cinq ans. Ces utilisateurs fréquents auront désormais six semaines pour se trouver du travail dans leur domaine. Au-delà de cette période, ils devront accepter un emploi, même si la rémunération ne correspond qu'à 70 % de leur salaire précédent.

Le gouvernement fédéral estime qu'avec ces nouvelles mesures, les contribuables canadiens économiseront 33 millions par an.

Les nouvelles mesures, qui font partie de la loi omnibus C-38, ont suscité la controverse depuis leur adoption en juin. De nombreuses manifestations avaient eu lieu à travers le Québec, particulièrement dans les régions où il y a concentration de travailleurs saisonniers. La CSN avait déclaré qu'en obligeant les chômeurs à accepter un emploi moins bien rémunéré, la nouvelle loi était «un déni de démocratie».

Les opposants à la réforme de l'assurance-emploi ont aussi dénoncé la non-reconduction, en septembre 2012, du projet-pilote des cinq semaines supplémentaires, qui permettaient d'éviter aux travailleurs saisonniers une période creuse sans revenu.


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