La question du débranchement

Cour suprême - La question du débranchement

Les juges de la Cour suprême du Canada: Rosalie Abella, Louis LeBel, Beverley McLachlin, Morris Fish, Marshall Rothstein, Andromache Karakatsanis, Thomas Cromwell, Michael Moldaver et Richard Wagner.Photo REUTERS

OTTAWA - La Cour suprême du Canada devra décider qui des médecins ou de la famille a le dernier mot sur le débranchement ou non d'un patient maintenu artificiellement en vie.

Le plus haut tribunal du pays a entendu lundi à Ottawa les arguments dans le cas de Hassan Rasouli, un immigrant iranien plongé dans un coma depuis 2010 à la suite d'une chirurgie au cerveau. Il est maintenu en vie par un respirateur artificiel.

Ses médecins ont indiqué qu'il est dans un «état végétatif persistant» sans espoir de rétablissement. Ils croient qu'il faut le débrancher.

La femme de Rasouli, une docteure, est en désaccord. Elle a apporté la cause devant les tribunaux pour freiner les médecins qui cherchent à mettre un terme au traitement.

Harry Underwood, qui représente les deux médecins torontois, a indiqué aux juges que la décision d'arrêter les traitements doit reposer sur une analyse médicale objective et que le consentement de la famille ou de la personne responsable du patient n'est pas nécessaire.

Bien que les considérations éthiques et religieuses doivent être pesées, «les souhaits ne peuvent avoir préséance sur les niveaux de soins», a indiqué Me Underwood.

En contrepartie, J. Gardner Hodder, l'avocat de Rasouli et de sa femme, croit que le consentement est essentiel. Il réfute aussi les allégations voulant que la poursuite des traitements n'offre au patient aucun bénéfice.

«C'est totalement efficace. Ça lui permet de respirer», a plaidé Me Hodder devant les sept juges.

Les tribunaux ont déjà statué à deux occasions dans cette cause que les médecins devaient obtenir le consentement de la famille avant de débrancher le patient.


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