Montréal serait-elle peu pénalisée?

Abandon du F-35 - Montréal serait-elle peu pénalisée?

Photo Yuri Gripas / REUTERS


Michel Munger

L'industrie aéronautique montréalaise a certes perdu des contrats avec l'abandon de l'avion de chasse F-35 par le gouvernement fédéral, mais la préoccupation est jugée mineure par des experts.

Le lancement d'un appel d'offres pour remplacer l'achat de 65 appareils F-35 auprès de Lockheed Martin est dû à une facture qui ne cesse de gonfler. Ce qui devait coûter 15 milliards $ pourrait maintenant équivaloir à 40 milliards $.

La grappe industrielle Aéro Montréal a déjà avancé que les Héroux-Devtek, Pratt&Whitney et CMC Électronique auraient pu profiter de commandes de la part du fabricant Lockheed Martin. Les retombées étaient évaluées à 12 milliards $ et à des milliers d'emplois au Canada. L'organisme n'a pas accordé d'entrevue là-dessus vendredi.

«La déception serait très marginale, a indiqué Mehran Ebrahimi, directeur, Groupe d'étude en management des entreprises de l'aéronautique à l'UQAM. Au départ, lorsque l'on a formé le projet, il y avait plusieurs couches de partenariat. Nous allions profiter de retombées une fois la vitesse de croisière atteinte. Le Canada était un partenaire mineur, étant situé au troisième ou quatrième niveau.»

En attendant, le gouvernement fédéral est pris avec un choix concernant ses actuels avions chasse F-18.

«Le problème, c'est que l'avion vieillissant coûte plus cher en entretien, a souligné M. Ebrahimi. Est-ce que c'est l'option à approfondir? La question est bonne.»

«Nous devrions prolonger le cycle de vie des F-18 en priant pour que les autres modèles deviennent moins dispendieux, a affirmé Robert Bernier, professeur titulaire à l'École nationale d'administration publique (ENAP). Nous n'avons pas de solution de rechange à court terme.»

«Le F-35 n'est malheureusement pas prêt et ses coûts sont exorbitants, a ajouté M. Bernier. L'appareil idéal aurait été le F-22, qui n'est pas au point ni disponible non plus. Peut-être le sera-t-il dans huit ou dix ans.»

Se tourner vers les avions étrangers pourrait s'avérer tentant, mais c'est peu réaliste, a avancé le professeur.

«Il y a d'autres appareils comme les Rafale en France et Saab Gripen en Suède, mais nous vivons avec l'enjeu de l'interopérabilité avec les Américains, explique M. Bernier. C'est déterminant. Nous avons toujours travaillé avec du matériel américain, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour cette raison.»


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