«Il aura fallu à peine 100 jours pour remettre le Québec en marche»

Dernière mise à jour: 07-12-2012 | 15h53

QUÉBEC - Traçant le bilan des 100 premiers jours de son gouvernement, la première ministre Pauline Marois a affirmé, vendredi, avoir respecté la majeure partie de ses engagements, redonnant ainsi espoir et confiance aux Québécois.

Elle a décliné les réalisations du Parti québécois (PQ) sous ce qu'elle a appelé les quatre piliers de l'action gouvernementale : l'intégrité, la prospérité, la solidarité et l'identité. «Dans un contexte minoritaire où bien des gens croyaient que le gouvernement serait incapable d'avancer, il y a eu au contraire beaucoup d'action», a-t-elle d'abord tenu à préciser.

Soulignant qu'en matière d'intégrité son premier engagement était de lutter contre la corruption, elle a rappelé notamment le travail de la commission Charbonneau, le projet de loi permettant aux municipalités de refuser une soumission douteuse et celui sur le placement syndical.

«Le gouvernement du PQ a fait mieux pour lutter contre la corruption en trois mois que le gouvernement précédent en neuf ans», a-t-elle dit.

Son gouvernement a déposé un budget responsable, axé sur le contrôle rigoureux des dépenses publiques, a-t-elle indiqué, ajoutant que les processus de décision ont été revus concernant les infrastructures.

«Seulement pour la route des Monts Otish, le gouvernement a fait épargner 124 millions $ aux Québécois», a-t-elle dit, à titre d'exemple.

Elle estime que son gouvernement a mis en place les conditions pour créer de la richesse tout en respectant les ressources naturelles, faisant référence à la décision de fermer la centrale Gentilly-2 et de ne pas participer à la relance de la mine Jeffrey d'Asbestos.

«Nous avons sorti le Québec du nucléaire et de l'amiante, a-t-elle dit. Prendre ces deux décisions demandait un certain courage.»

L'abolition de la hausse des droits de scolarité et l'annonce d'un Sommet sur l'enseignement supérieur sont des actions qui ont permis de sortir «de l'état de crise dans lequel le Québec était plongé il y a quelques mois», a-t-elle dit, ajoutant que «depuis le 4 septembre, la paix sociale est revenue et ça fait du bien».

Le dépôt mercredi dernier du projet de loi sur une refonte de la Charte de la langue française a été, selon elle, une étape majeure pour le renforcement du français. «C'est la première fois en 35 ans qu'un gouvernement procède à une réforme aussi importante de la loi 101», a-t-elle souligné.

Mme Marois a invité les Québécois à revoir durant le temps des Fêtes toutes les réalisations de son gouvernement au terme de cette première session.

«Il aura fallu à peine 100 jours pour remettre le Québec en marche et notre action ne fait que débuter», a-t-elle conclu.

Le PLQ parle d'incompétence et de manigance

La première session parlementaire sous la gouverne du Parti québécois a été «teintée de manigances et d'incompétence», a déploré le chef libéral intérimaire Jean-Marc Fournier, lors de son bilan de fin de session vendredi, reprochant également à François Legault de s'être déguisé en «grincheux de Noël».

Mme Marois a été élue sous de «fausses représentations», a-t-il pesté, lors d'un point de presse tenu à l'Assemblée nationale. «Les promesses électorales ne tenaient pas la route.

Pauline Marois le savait.» M. Fournier a martelé son message en répétant à plusieurs reprises les mots «manigances» et «incompétence».

«Les erreurs de jugement répétées ont révélé l'incompétence du gouvernement», a-t-il déclaré, accusant le PQ d'avoir «érigé en système la cachette» dans ses communications. Le gouvernement «a caché» la double nomination d'André Boisclair, l'étude de Pricewaterhouse Coopers sur les redevances minières en Australie et a «retardé le dépôt des crédits» et des comptes publics pour «manipuler la vérité».

«Les crédits déposés donnent naissance à un cercle vicieux : des coupures de services maintenant, des coupures de revenus pour les années à venir et en conséquence d'autres coupures de services, faute de revenus suffisants.»

Le chef libéral n'a pas manqué de rappeler un «budget improvisé en deux semaines», la démission de Daniel Breton «qui a porté atteinte» au BAPE, la fermeture de Gentilly-2 «sans études en main» et le «combat» du «ministre carré rouge» de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne, «contre les universités plutôt que d'en faire la promotion». «Ce qui est en train de se passer, c'est dangereux». Il accuse aussi le PQ de maintenir le flou quant aux redevances minières, «ce qui équivaut à un moratoire sur le développement minier».

Les libéraux se targuent toutefois d'avoir livré une opposition «vigilante et constructive», ayant notamment fait plier le gouvernement sur la question du placement syndical.

Le PQ est «déconnecté»

Le PQ est «déconnecté», vit dans «un monde parallèle» et gouverne «par essais et erreurs» selon le chef de la CAQ François Legault, qui a dressé un sombre bilan des premiers mois du gouvernement Marois, vendredi matin.

«Mme Marois dit agir avec sagesse [...] Je pense qu'il y a une limite à gérer par essais et erreurs; on essaie quelque chose, ça ne marche pas et on fait le contraire ! À un moment donné, il faut essayer de réfléchir un petit peu avant d'agir et avoir un certain jugement», a déclaré M. Legault.

Recul sur les hausses d'impôt rétroactives, la taxe santé, la double nomination d'André Boisclair, dégel du bloc patrimonial d'Hydro-Québec: voilà quelques exemples évoqués par le chef caquiste. Il a aussi dénoncé le «copinage» au PQ en citant en exemple la nomination de Nicolas Girard à l'AMT qui n'a «aucune compétence pour gouverner 300 employés» et la nomination de Daniel Breton, une «bombe à retardement» qui aura fini par démissionner de son poste de ministre de l'Environnement.

Les Québécois «sont en train de se rendre compte» que les engagements électoraux de la CAQ correspondaient à la «réalité» alors que ceux du PQ, en campagne, relevaient de la «science-fiction», a-t-il dit. M. Legault a également reproché au gouvernement son «manque de vision globale» dans la lutte à la corruption et d'avoir créé de l'incertitude économique.

Un bon coup? Le projet de loi 2 sur le financement des partis politiques, a-t-il admis, bien que le plafond des dépenses électorales ait été fixé à 8 millions $ au lieu de 4 millions $ comme il le souhaitait.

M. Legault, qui effectuait un retour sur les banquettes du parlement cet automne après une pause de quelques années, a refusé de s'autoévaluer et de s'accorder une note, mais il s'est dit «fier» de son équipe qui aura réussi à bonifier plusieurs projets de loi et qui en aura «surpris» plusieurs par sa «cohésion».


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