Crédits budgétaires: déceptions et critiques


Avec Jean-Luc Lavallée

QUÉBEC - Les partis d'opposition ainsi que plusieurs acteurs du monde municipal, syndical, des milieux de l'enseignement ou de la santé se sont montrés déçus des crédits budgétaires déposés par le Conseil du trésor. La croissance économique et les services à la population s'en trouveront réduits, ont-ils estimé, jeudi.

Le porte-parole de l'opposition officielle pour le Conseil du trésor, Sam Hamad, a dénoncé les coupures du gouvernement péquiste qui freineront la croissance économique. «On a la preuve qu'avec le Parti québécois, ce n'est pas seulement le gouvernement qui recule, c'est tout le Québec qui recule», peut-on lire dans un communiqué émis jeudi.

Il a évoqué notamment des coupures de 55 millions $ des mesures d'aide à l'emploi, 65 millions $ en recherche et innovation, 58 millions $ dans l'aide aux entreprises et 400 millions $ de coupures non identifiées.

«Encore une fois, nous constatons un manque de transparence et nos questions restent sans réponse, a-t-il ajouté. À titre d'exemple, nous ne savons toujours pas où se feront les coupures de 7,5 milliards $ pour les 5 prochaines années dans les infrastructures.»

Le député de la Coalition avenir Québec, Christian Dubé, a déploré le «manque de transparence» du PQ en signalant une coupe de 7 millions $ dans les agences de santé, qui apparaît seulement dans une «petite ligne» du document de 194 pages.

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«Ce n'est pas sérieux» a-t-il déploré, rappelant que la CAQ avait «payé le prix» en campagne en disant ouvertement qu'elle allait s'attaquer aux agences.

Déçue une première fois par le budget Marceau il y a deux semaines, la députée de Québec solidaire Françoise David n'a pas trouvé de réconfort dans les crédits budgétaires.

«Vraiment, il n'y a pas de bonnes nouvelles aujourd'hui pour les personnes les plus mal prises de la société», a-t-elle réagi.

«On a trouvé des coupes dans le transport adapté, le logement social, dans la curatelle publique, dans les programmes de soutien à l'insertion à l'emploi pour les bénéficiaires de l'aide sociale», a-t-elle indiqué.

L'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) a déploré, par voie de communiqué, jeudi, le manque à gagner de 175 millions $ afin de combler ses besoins financiers. L'AQESSS réclamait 955 millions $ supplémentaires, mais recevra 780 millions $.

Selon Lise Denis, «ces manques à gagner font en sorte qu'il leur [les établissements] sera très difficile de maintenir à la fois l'offre actuelle de services et de concrétiser les nouveaux engagements ministériels, notamment ceux concernant les personnes âgées».

La CSN a appuyé les doléances de l'AQESSS, estimant insuffisante la hausse du budget du ministère de la Santé qui se traduira encore par «des réductions de services».

«La croissance de 4,8% du budget du ministère de la Santé et des Services sociaux est insuffisante pour répondre aux besoins de la population», a indiqué le trésorier de la CSN, Pierre Patry.

« ...le gouvernement aurait pu et aurait dû faire d'autres choix, notamment en suspendant cette année les sommes dévolues au Fonds des générations pour les utiliser à dispenser des services à la population », a conclu le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Cégeps : même son de cloche

Le budget des établissements du réseau collégial public n'étant augmenté que de 1,28%, la Fédération des cégeps considère que cette hausse «ne couvre même pas les ajustements salariaux accordés par le gouvernement au personnel des collèges lors de la dernière ronde de négociation» et se traduira par des compressions.

«Il est évident que ce sont les étudiants qui souffriront de ces compressions en recevant moins de services », a déclaré le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Jean Beauchesne.

Déception aussi concernant le remboursement des coûts du conflit étudiant du printemps dernier. Le PQ ne maintient pas la promesse de remboursement total qu'avait faite le précédent gouvernement libéral, de sorte que les 24 cégeps, qui attendaient 33,1 millions $ recevront moins que la moitié, soit 15,2 millions $.

SFPQ: pas de sous-traitance

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) questionne le choix du gouvernement de réduire le financement des programmes plutôt que de s'attaquer à la sous-traitance.

Par voie de communiqué, le syndicat a rappelé jeudi «qu'à lui seul, le rapatriement des contrats de services professionnels à l'interne au ministère des Transports, permettrait à l'État d'économiser 276 millions $».

«Le recours abusif à la sous-traitance pour pallier la diminution de services coûte plus cher que l'embauche de personnel au sein de la fonction publique et parapublique», a précisé Lucie Martineau, présidente du SFPQ.

Réactions à Montréal

À Montréal, les deux partis d'opposition à l'Hôtel de Ville ont été unanimes: les sommes octroyées par Québec ne correspondent pas au rôle essentiel que remplit la métropole.

«... tous les acteurs économiques affirment que les sommes octroyées par Québec ne reflètent pas le poids économique de la Ville, soit 36% de l'activité économique de la province mesurée par le PIB, 34% des emplois [...] alors que la Ville ne reçoit que 21% de l'enveloppe budgétaire annuelle pour les centres de développements locaux (CLD)», a fait savoir Véronique Fournier, conseillère de Vision Montréal et vice-présidente de la Commission des finances et de l'administration.

«Malheureusement, le gouvernement du Québec est en train de sabrer dans le développement de sa métropole», a déclaré pour sa part Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, soulignant que les crédits pour la promotion de la région métropolitaine seront coupés de 10,4% en 2013-2014 par rapport à l'année précédente.


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