Un registre d'entretien des tours prôné

Dernière mise à jour: 06-12-2012 | 14h40

QUÉBEC - Le directeur de la Santé publique de Québec, le docteur François Desbiens, affirme que l'éclosion de légionellose dans la Vieille Capitale qui a coûté la vie à 13 personnes l'été dernier a constitué «une crise sans précédent».

Dans son rapport final présenté jeudi matin, M. Desbiens a proposé 10 recommandations au gouvernement du Québec.

Il suggère notamment de mettre sur pied un registre d'entretien des tours du Québec et d'encadrer leur maintenance. «Considérant les conséquences et les impacts sur la population d'une tour contaminée, l'expérience de cet été doit servir», a dit le docteur Desbiens.

Le foyer de cette éclosion qui a affecté au moins 181 personnes à Québec se trouvait dans la tour de refroidissement du complexe Jacques-Cartier. L'eau était contaminée par la bactérie dans cet édifice appartenant à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et de la Ville de Québec dont la gestion est à la charge de la CSQ.

La CSQ a réagi à ce rapport en disant qu'elle a agi en «gestionnaire consciencieuse pour assurer l'inspection et l'entretien réguliers de ses équipements du système de refroidissement».

«La crise a éclaté au cours du mois de juillet. Le 2 août 2012, la CSQ comme les autres propriétaires a reçu un avis de la Santé publique annonçant l'éclosion de la légionellose. On nous demandait alors de vérifier le bon fonctionnement des tours de refroidissement et de procéder à leur entretien selon les spécifications du manufacturier. Ce qui a été fait sans tarder », a affirmé Daniel B. Lafrenière, responsable politique des immeubles à la CSQ, par communiqué.

Mais ce n'était pas suffisant et, le 20 août, avec 40 cas déclarés de légionellose dont trois décès, la Ville de Québec et les autorités sanitaires ont lancé une vaste opération d'inspection des tours de refroidissement.

«C'est avec stupeur et consternation qu'on a appris, le 18 septembre dernier, qu'il y avait présence de la légionelle dans nos tours de refroidissement. Une information qui nous a été transmise seulement plusieurs semaines après que l'éclosion ait été terminée», a précisé M. Lafrenière.

La CSQ s'est dite extrêmement préoccupée «puisqu'on ignore encore comment cette souche de la légionella pneumophila s'est développée dans nos tours malgré notre plan d'entretien soutenu». Elle a ajouté que «les tours de refroidissement du Complexe Place Jacques-Cartier n'ont pas été les seules sources de contamination de l'épidémie de légionellose».

Notons qu'il n'existe présentement aucune norme ou réglementation qui oblige spécifiquement les propriétaires de tours de refroidissement à détecter ou à combattre préventivement le développement de la légionelle.

François Desbiens recommande aussi de bonifier le guide d'intervention sur la légionellose utilisé par les directeurs de santé publique et de développer l'expertise scientifique concernant cette bactérie.

D'ailleurs, la ministre du Travail, Agnès Maltais, a confirmé qu'un règlement sur les tours de refroidissement et leur entretien sera approuvé sous peu par son gouvernement.

«Depuis l'automne, je l'ai dit, j'ai fait travailler la Régie du bâtiment sur un règlement, a-t-elle dit. Il est prêt. Alors, on va l'adopter et, moi, je veux absolument que, l'été prochain, on ait les moyens de prévenir ce type de crise.»

La coroner Catherine Rudel-Tessier doit mener une enquête publique, en mars prochain, sur l'éclosion de légionellose et sur ses conséquences.


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