Dissensions aux rencontres préparatoires

QUÉBEC - Les dissensions ont été nombreuses vendredi lors de la première rencontre préparatoire au Sommet sur l'enseignement supérieur, même si la veille, à l'ouverture, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, avait invité les différents intervenants à faire preuve d'ouverture d'esprit.

Appelées à se positionner sur la question du financement des universités, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ainsi que la Fédération des professeurs d'universités du Québec (FQPPU), ont souhaité que certains pouvoirs soient retirés à la Conférence des recteurs (CREPUQ).

Selon Martine Desjardins de la FEUQ, la qualité de l'enseignement est en jeu. «On mise simplement sur la compétition interuniversitaire, la création de campus délocalisés pour aller chercher les effectifs étudiants chez le voisin, mais ça sert à rien en termes de qualité de l'enseignement, a dit Mme Desjardins. Ce qu'on dit à la CREPUQ, c'est qu'il faut donner un peu de "lousse".»

Pour Max Roy de la Fédération des professeurs d'universités du Québec, la gouvernance des universités doit être plus transparente. «On aimerait qu'il y ait plus de membres, en particulier des professeurs, qui puissent être au courant et participer aux décisions, a-t-il dit. Quand les décisions se prennent, en dehors des milieux académiques, elles nous affectent, et sans qu'on ait pu y prendre part.»

Pour sa part la CREPUQ ne souhaite pas que d'autres se mêlent aux décisions qu'elle prend quant à la qualité de l'enseignement.

La seconde rencontre préparatoire se tiendra au milieu du mois de décembre. Il y sera question de l'accessibilité aux études supérieures.

Les universités recherchent 1861 nouveaux profs

Il manque au moins 1861 professeurs dans le réseau des 18 universités québécoises, et ceux qui sont en place ont à peine le temps d'enseigner.

C'est ce diagnostic qu'ont posé, vendredi, professeurs et étudiants au sujet de la qualité de l'enseignement dans les universités, à l'occasion de la rencontre thématique préparatoire au Sommet sur l'enseignement supérieur promis pour février 2013.

«La situation est intenable, il manque cruellement de professeurs», a dit avec insistance le président de la Fédération québécoise des professeurs d'université, Max Roy.

Bien qu'elle reconnaisse que le nombre de professeurs est insuffisant, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, soutient que l'enseignement n'est pas la priorité dans les universités.

Pour monter en grade, les professeurs doivent répondre à certains critères et l'enseignement se trouve au bas de la liste, a exposé Mme Desjardins. Les principaux critères étant le nombre d'articles publiés dans des revues scientifiques, les subventions de recherche obtenues, l'implication des professeurs dans les services administratifs de l'université, l'encadrement des étudiants de 2e et 3e cycles.

L'enseignement à des étudiants inscrits à un programme de baccalauréat demeure le parent pauvre, déplore la présidente de la FEUQ. «Tout le problème est là. On évalue la capacité de gestion des professeurs au lieu d'évaluer leur capacité d'enseigner.»

Un site pour mieux comprendre le Sommet

L'Université du Québec a mis en ligne vendredi un site internet qui permettra à la population québécoise de s'informer en prévision du Sommet sur l'enseignement supérieur qui se tiendra en février prochain.

Ce site présente notamment des informations sur les quatre thèmes qui seront abordés lors de quatre rencontres préparatoires en vue de ce Sommet, organisées dans différentes villes universitaires du Québec.

La première de ces rencontres, qui a pris fin vendredi, a porté sur la qualité de l'enseignement supérieur.

On peut consulter ce site à l'adresse sommet.uquebec.ca



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