Les conservateurs feront le ménage jeudi


Andrew McIntosh

MONTRÉAL – La présidente et chef de la direction de la Société du Vieux-Port de Montréal, Claude Benoit, perdra son emploi et la Société sera dissoute en vertu d’un plan du gouvernement conservateur destiné à faire le ménage dans cette corporation, qui sera révélé jeudi.

La ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, annoncera les détails du plan des conservateurs pour corriger la mauvaise gestion au Vieux-Port lors d’une intervention jeudi après-midi à la Chambre des communes, ont confirmé mercredi soir à l’Agence QMI des sources gouvernementales.

Le message de la ministre sera essentiellement que le gouvernement s’attend à ce que les sociétés de la Couronne agissent de manière responsable en dépensant l’argent des contribuables, adoptent des pratiques de gestion responsables et soient redevables à tous les Canadiens.

Le personnel et les actifs de la Société du Vieux-Port de Montréal seront intégrés aux opérations de la Société immobilière du Canada, ont indiqué des sources. Les responsables gouvernementaux procéderont ensuite à une réduction des dépenses, du personnel et des frais généraux à la Société du Vieux-Port, qui perd de l’argent, et on cherchera à créer des économies en fusionnant les deux entités en une seule.

L’un des premiers postes qui seront éliminés sera celui de la présidente et chef de la direction de la Société du Vieux-Port de Montréal, Claude Benoit, dont la gestion et les dépenses douteuses ont été révélé dans une longue enquête de l’Agence QMI, dont les résultats ont été diffusés au printemps, à l’été et à l’automne.

Le conseil d’administration du Vieux-Port formé de cinq personnes, dont le président Gerry Weiner (un ancien ministre conservateur sous Brian Mulroney) sera dissous. On ne sait quel sort le gouvernement leur réserve.

M. Weiner a publiquement défendu la mauvaise gestion et les dépenses excessives de Mme Benoit, dont des soupers-croisières offerts aux membres du conseil d’administration, qui ont été dénoncés unanimement plus tard par les membres du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique.

Mme Ambrose dira aux contribuables qu’il est «impératif» que le gouvernement «restaure la confiance des Canadiens quant à la façon dont les sociétés d’État sont dirigées et utilisent leur argent qui est durement gagné».

Mme Ambrose dira aussi lors de son intervention à la Chambre des communes qu’il est rapidement devenu évident qu’«un changement structurel majeur» était nécessaire pour répondre aux «problèmes systémiques» qu’elle a identifiés concernant les opérations au Vieux-Port de Montréal, tout particulièrement après la révélation de problèmes par des reportages de l’Agence QMI.

Le gouvernement a versé des millions $ chaque année à la Société du Vieux-Port et l’organisme a été incapable d’atteindre l’autosuffisance malgré une demande en ce sens, comme c’est le cas avec la Société immobilière du Canada.

Mme Ambrose a commandé une vérification spéciale auprès du vérificateur général portant sur les pratiques en ressources humaines, les dépenses de voyage et d’accueil, les avantages sociaux et les salaires, la gestion des actifs immobiliers et des activités de location à la Société du Vieux-Port de Montréal, après la publication des reportages de l’Agence QMI.

Un porte-parole au Bureau du vérificateur général a indiqué que le rapport ne serait pas prêt avant le printemps 2013.

Les conservateurs vont également en profiter pour dissoudre la société d’État Parc Downsview à Toronto, une entité fédérale sœur du Vieux-Port de Montréal. Toutefois, personne au sein de la direction du Parc Downsview n’a été accusé de dépenses excessives ou de mauvaise gestion financière.

Andrew McIntosh est le Chef des enquêtes à l'Agence QMI. On peut le joindre à andrew.mcintosh@agenceqmi.ca ou au 514-290-0922.

NOS REPORTAGES SUR LA SOCIÉTÉ DU VIEUX-PORT

Fin avril : Une enquête de l’Agence QMI révèle les extravagants frais de déplacement de Claude Benoit, présidente de la Société du Vieux-Port de Montréal; son allocation de voiture discutable; les relations d’affaires du Vieux-Port avec un homme accusé de s’être livré à des agressions sexuelles sur un enfant; les nombreux départs des vice-présidents et l’embauche d’un faux comptable. La ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, demande alors au vérificateur général d’enquêter.

Mai : Deux autres vice-présidents démissionnent. Claude Benoit défend sa gestion et ses dépenses devant le Comité de l’éthique de la Chambre des communes. La firme Ernst & Young est ensuite retenue pour surveiller les dépenses. Juin : Le Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique juge que les 10 100 $ du Vieux-Port dépensés par Mme Benoit pour son voyage en Australie-Nouvelle-Zélande – une révélation de QMI – constitue «un usage inapproprié et inacceptable des fonds publics».

Fin juin : L’Agence QMI publie de nouveaux reportages sur des dépenses : des contrats de formation accordés à une amie de Mme Benoit; un cocktail à 250 $ possiblement remboursé deux fois; une orchidée en pot au coût de 50 $ facturée aux contribuables; une dépense de 660 $ pour un voyage aller-retour en limousine à Ottawa pour rencontrer sa nouvelle ministre en 2011, même si Mme Benoit empoche 12 000 $ par année en allocation de voiture; et 1 700 $ pour des soupers-croisières pour les membres du conseil d’administration.

Fin septembre: Une enquête de l’Agence QMI permet de découvrir que la Société du Vieux-Port de Montréal a payé 15 000 $ au cabinet de relations publiques National pour faire du lobbying et convaincre la firme Deloitte, un des commanditaires des « Midis-conférences Femmes d’influence », de choisir Mme Benoit comme conférencière en mars 2011.


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