Élections partielles: des leçons à tirer

Fédéral

Les libéraux ont ravi la deuxième place alors que les néo-démocrates ont dû se contenter de la quatrième place, derrière le Parti vert. Photo André Forget / Archives / Agence QMI


Huguette Young

OTTAWA - Les conservateurs de Stephen Harper ont eu droit à un réveil brutal, au lendemain des élections partielles dans Calgary-centre. S'ils ont remporté cette circonscription albertaine, leurs appuis ont chuté considérablement, de 57,7% à 36,9%.

Les libéraux ont ravi la deuxième place alors que les néo-démocrates ont dû se contenter de la quatrième place, derrière le Parti vert.

Pour le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, il faudra analyser en profondeur les résultats des trois partielles de lundi, et en particulier ceux de Calgary-centre, l'ex-circonscription de Joe Clark.

«On a vu des votes aller du côté du Parti vert, a-t-il signalé. C'est intéressant. On va regarder c'est quoi la mouvance.»

En effet, les verts ont fait une percée remarquable à Calgary-centre, passant de 9,9% du vote populaire aux élections du 2 mai 2011 à 25,6%. Un score qui fait dire à la chef des verts, Elizabeth May, que son parti aurait pu ravir la circonscription de Victoria si la campagne avait été prolongée d'une semaine.

Le parti néo-démocrate de Thomas Mulcair n'a même pas récolté 4% du vote populaire à Calgary-centre.

«On va continuer à travailler fort. Ce n'est pas facile», a signifié la directrice adjointe du NPD, Chantal Vallerand.

Le libéral Harvey Locke, un Albertain «de souche pure laine» qui a épousé une Québécoise du Lac Saint-Jean, estime que le message libéral a triomphé à Calgary sur l'option néo-démocrate, axée selon lui sur les divisions régionales. «C'est qui le parti qui peut mener ici? C'est nous, les libéraux», a-t-il signifié.

Erreur, croit le politologue Harold Jansen de l'Université albertaine de Lethbridge.

«Cela montre qu'un bon candidat peut donner une certaine poussée, mais c'est difficile de recruter de bons candidats libéraux en Alberta parce qu'ils ont tellement de retard à rattraper. Le parti a un gros travail de reconstruction à faire», a-t-il expliqué lors d'une entrevue.

L'arrivée de Justin Trudeau dans l'arène pique la curiosité des Albertains, croit M. Jansen, mais on est loin d'un raz-de-marée libéral. Quant aux néo-démocrates, ils sont dans le désert en Alberta.

«Il y a une perception que M. Mulcair ne comprend pas l'Alberta», a dit M. Jansen. Le discours de M. Mulcair au sujet des effets pervers des sables bitumineux albertains sur le secteur manufacturier de l'est «n'a pas été bien reçu ici».

«On dit les choses telles qu'elles sont, se défend Mme Vallerand. Je pense qu'on n'adapte pas nos messages en fonction d'où on est pour ce que les gens veulent entendre.»

À Victoria, le NPD a vu ses appuis fondre, mais a quand même conservé son siège. Il se console de sa bonne performance dans la circonscription ontarienne de Durham qui reste tout de même aux mains des conservateurs.


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