Rob Ford veut se battre pour rester maire


Jonathan Jenkins

Dernière mise à jour: 26-11-2012 | 14h39

TORONTO - Le maire de Toronto, Rob Ford, a été destitué, lundi matin, après avoir été déclaré coupable dans une affaire de conflit d'intérêts, mais il a l'intention de faire appel de la décision de la Cour supérieure de l'Ontario, qui entrera en vigueur dans 14 jours.

«Je vais faire appel et je vais garder mon travail», a affirmé Rob Ford en retournant à son bureau à l'hôtel de ville.

Il a accusé les courants gauchistes d'être à l'origine des accusations qui ont été portées contre lui, alors qu'il avait expliqué avoir commis une simple erreur de jugement.

«Ils veulent me faire partir et ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour y parvenir», a-t-il déclaré, mais il a prévenu qu'il se battrait pour retrouver son poste, estimant qu'il a fait beaucoup de bien à la ville de Toronto depuis qu'il est maire.

«Je vais continuer de faire mon travail et s'ils me mettent dehors pour je ne sais quelle raison, je reviendrai en courant.»

La suspension de la décision de justice pendant deux semaines pourrait permettre à l'accusé de faire appel et de demander un sursis pour rester à la mairie jusqu'à ce que l'appel soit entendu.

Le conseil municipal de Toronto, sous la présidence de Rob Ford, se réunit mardi. Il pourrait décider de nommer un maire intérimaire ou d'organiser une élection partielle pour élire un remplaçant.

Le maire était accusé d'être intervenu et d'avoir participé à un vote du conseil municipal de Toronto, en février dernier, pour empêcher l'adoption d'une recommandation du commissaire à l'éthique qui l'obligeait à rembourser 3150 $, un montant qu'il avait amassé pour sa fondation privée en faveur du football pour les jeunes.

M. Ford avait sollicité les dons auprès de lobbyistes et de gens d'affaires proches de la Ville, en ayant recours, pour ce faire, à son personnel et en utilisant les lettres à entête de la Ville.

«Ses gestes n'ont pas été posés par inadvertance et il ne s'agissait pas d'une erreur de bonne foi», a indiqué le juge Charles Hackland.

L'affaire s'est retrouvée devant la Cour supérieure de l'Ontario parce qu'un citoyen, Paul Magder, un homme d'affaires torontois, a porté plainte contre le maire pour conflit d'intérêts. Son avocat, Me Clayton Ruby, a déclaré que «la décision rappelle clairement que personne - pas même un maire et pas même Ford lui-même - n'est au dessus des lois. Il aurait dû respecter les règles du jeu.»

Élu en 2010, M. Ford s'apprêtait à terminer sa deuxième année en tant que maire de la plus grande ville au pays. Il devient plutôt le premier maire de l'histoire de Toronto à être destitué. Il pourra toutefois se présenter à nouveau lors des prochaines élections municipales.


Vidéos

Photos