Bell-Astral: la deuxième manche est lancée


Michel Munger

MONTRÉAL - Bell Canada lance la deuxième manche de sa bataille pour faire l'acquisition du diffuseur Astral. Les deux entreprises ont déposé une nouvelle demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour une offre d'achat de 3,4 milliards $.

Le CRTC publiera les détails en amorçant ses consultations. La date butoir pour la transaction est le 1er juin 2013. Elle peut être reportée à juillet.

Bell et Astral assurent qu'elles répondent aux préoccupations et bonifient leur bloc d'avantages tangibles, qui sert à créer du contenu canadien. Bell met aussi fin aux recours auprès du gouvernement fédéral concernant sa première offre, rejetée le 18 octobre.

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Les rumeurs sont nombreuses à l'idée que l'acheteur se départira d'un nombre de chaînes de télé anglophones afin de concentrer son acquisition sur le Québec.

Encore des doutes

L'Union des consommateurs, satisfaite du rejet initial par le CRTC, ne croit toujours pas qu'un mariage Bell-Astral servira l'intérêt public. «Il faudrait vraiment que ce soit spectaculaire pour que nous arrivions à une conclusion différente», a indiqué Sophy Lambert-Racine, analyste en télécoms à l'Union.

L'association maintient sa préoccupation sur la capacité de géants intégrés de faire monter les prix des services.

«Les acquisitions de ce genre ne servent pas l'intérêt public, mais les intérêts de Bell, estime Mme Lambert-Racine. Moins il y a de joueurs dans un marché, moins le jeu de la concurrence peut se faire efficacement.»

Ce point de vue a son importance. La première décision du CRTC a lourdement été influencée par les préoccupations des associations de consommateurs. «On sait que le gouvernement Harper est très sensible à ce niveau-là», a ajouté Claude Bédard, président de la firme de conseil stratégique HJC Productions.

Les autres soucis du CRTC n'ont pas changé, a signalé Troy Crandall, analyste financier pour la firme de placements MacDougall MacDougall MacTier. «Le CRTC était préoccupé par la programmation anglophone et il voyait un problème avec la domination du Québec par deux entreprises, a-t-il dit. Si Bell veut conserver The Movie Network et HBO, le CRTC pourrait encore y voir une difficulté.»

M. Crandall croit que Bell a appris de ses erreurs. «Elle est plus ouverte à faire les compromis que le CRTC exige, a-t-il ajouté. Je crois que les chances sont meilleures pour eux cette fois-ci et qu'il y aura plus de négociation.»

Si la deuxième offre passe la rampe, elle devra ensuite obtenir l'approbation du Bureau de la concurrence.

Lancement d'une campagne

Afin de mieux défendre son point de vue, Bell lance la campagne Vous Méritez Plus. La première offre a été combattue par la campagne Dites Non à Bell.

En attendant la suite, Astral récompense la patience de ses actionnaires avec un dividende de 50 cents par action. Il sera versé en février aux actionnaires inscrits aux registres le 15 janvier.

«Les investisseurs réalisent certainement que l'acceptation d'une transaction n'est pas garantie, a poursuivi Troy Crandall. Ils savent que le CRTC est un animal qui peut mordre.»

C'est pour cela que l'action d'Astral s'échangeait à 45,90 $, lundi, soit 4,10 $ de moins que son prix d'acquisition.


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