Il y aura une commission parlementaire

Gentilly-2

La centrale Gentilly-2 Photo Agence QMI / Archives

Dernière mise à jour: 13-11-2012 | 19h59

TROIS-RIVIÈRES - Le Parti québécois consent à la tenue d'une commission parlementaire qui portera sur les impacts de la mise à l'arrêt de la centrale nucléaire Gentilly-2 et le plan de diversification économique qui s'y rattache.

Après trois tentatives infructueuses des partis d'opposition, c'est la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui a elle-même déposé mardi après-midi une motion en ce sens à l'Assemblée nationale.

Les 29 et 30 janvier prochain, les participants à cette commission pourront donc questionner Hydro-Québec sur différents aspects de la fermeture de Gentilly-2 : coûts, retombées économiques, impacts énergétiques.

«Tous les points sur lesquels on avait des questions depuis le début pourront être abordés», s'est réjoui le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Cœur-du-Québec, Jean-Denis Girard, lors d'un point de presse convoqué quelques minutes après le dépôt de la motion.

«Sans faire changer la décision du gouvernement, nous avons le droit de la comprendre et d'obtenir des réponses à nos questions», a commenté Patrick Charlebois, président de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

En plus des parlementaires, les chambres de commerce de Trois-Rivières et du Cœur-du-Québec, les villes de Bécancour et de Trois-Rivières et l'organisme Sortons le Québec du nucléaire auront le statut de participant à cette commission.

«Nous pourrons présenter devant les caméras toutes les données économiques qu'on a amassées depuis le début de nos démarches», a ajouté M. Girard. Après l'annonce de la fermeture de la centrale, les maires, élus, et présidents de chambres de commerce locales avaient formé un comité d'actions stratégiques pour tenter de faire reculer le gouvernement Marois sur cette décision.

«Maintenant, nous allons nous préparer pour démontrer que Gentilly-2 peut encore être rentable», a dit M. Girard.

La question du fonds de diversification économique pourra aussi être abordée. «Ça nous permettra de savoir comment le gouvernement est arrivé à un montant de 200 millions $», a indiqué Patrick Charlebois.

Jeux de coulisse

Lundi soir, quatre membres du gouvernement ont rencontré à Bécancour les présidents des deux chambres de commerce locales pour s'entendre sur le libellé de la motion déposée mardi.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, le député responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Yves François Blanchet et le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, étaient de la partie.

Cette manœuvre a fortement déplu à la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, qui avait elle-même présenté une motion demandant une commission parlementaire. «Il n'est pas nécessaire de venir dans la région en catimini, à la tombée de la nuit, pour rencontrer des intervenants en secret et bien à l'abri de la population et des médias», a-t-elle fait valoir par voie de communiqué.

Mme St-Amant insiste toutefois pour dire qu'elle se réjouit de la tenue d'une commission, bien qu'elle eut souhaité un libellé plus large.

Forums

Le gouvernement accepte aussi qu'Hydro-Québec participe à des forums organisés dans la région et qui permettront de mieux informer la population sur le démantèlement de la centrale nucléaire. «C'est une victoire importante pour la population, a déclaré Patrick Charlebois. On va pouvoir savoir comment les décisions d'ordre économique se prennent à Hydro-Québec.»



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