MONTRÉAL - Le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, n'accepte pas les excuses de Gilles Surprenant faites devant la commission Charbonneau vendredi dernier.
L'ex-ingénieur de la Ville de Montréal a avoué avoir reçu 760 000 $ en pots-de-vin et avoir falsifié des contrats pour des dizaines de millions de dollars, des gestes impossibles à pardonner selon le ministre qui était en entrevue à l'émission « Larocque Lapierre », dimanche.
«Franchement, je veux bien que l'on tende l'autre joue, mais là, non», a vivement répondu Lisée.
Le ministre des Relations internationales et de la Francophonie s'est dit scandalisé par les propos de M. Surprenant qui n'a jamais contacté les autorités policières.
M. Lisée est même allé plus loin affirmant qu'on devrait poursuivre le témoin de la commission.
«Des procureurs ne peuvent pas utiliser contre lui son témoignage, mais s'ils ont d'autres preuves contre lui. Ils peuvent les utiliser. C'est ce que je souhaite et que la justice suive son cours», a-t-il dit.
Inquiétude
Le ministre responsable de Montréal s'inquiète beaucoup de la région métropolitaine, dont l'administration serait corrompue. Il n'a pas hésité à comparer le gouvernement de Pauline Marois à celui de René Lévesque qui était aux prises avec les mêmes problèmes en 1976.
«Parmi ses premiers gestes, c'étaient l'assainissement du financement des partis politiques et l'assainissement du financement des contrats publics. Nous aussi nous reprenons les travaux de René Lévesque. Notre première loi sera sur l'assainissement des contrats publics et on va intervenir pour le financement des partis politiques», a dit le ministre.
Pour remédier à cette situation, l'Assemblée nationale développe un système qui permettra de valider l'intégrité des entrepreneurs et des compagnies.
«Ce qui obligera les municipalités à ne faire affaire qu'avec des compagnies qui ont été "étampées intègre"», a précisé M. Lisée.
Pas d'autre mandat pour Tremblay
Alors que des élections auront lieu dans un an à Laval et Montréal, le maire Gérald Tremblay ne se représenterait pas aux prochaines élections, a confirméJean-François Lisée.
«Je pense que ses chances de réélection seraient assez faibles, c'est assez sage de sa part», a-t-il ajouté.