QUÉBEC - Nouvelle escarmouche diplomatique entre l'Iran et le Canada lundi alors que le ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird, a accusé le régime de Téhéran d'intolérance religieuse.
«L'Iran est un exemple typique d'intolérance religieuse», a lancé le ministre Baird devant l'assemblée de l'Union interparlementaire, une organisation internationale réunie à Québec.
L'UIP compte parmi ses membres des pays comme le Yémen, l'Afghanistan et la Syrie. L'Iran et l'Ouganda, présents à Québec, on goûté à la diplomatie musclée du gouvernement Harper.
Quand vint son tour de parler, le ministre Baird a laissé tomber la courtoisie habituelle des pays-hôtes en accusant l'Iran d'être un pays niant les libertés individuelles les plus élémentaires.
Il a précisé que, récemment, qu'un couple de confession juive a été «exécuté» uniquement parce qu'il avait fait le choix de «pratiquer sa foi», contraire aux rites musulmans. «C'est un régime diabolique», a insisté John Baird.
Dans la salle, le représentant du gouvernement iranien a bondi. Il a accusé le ministre Baird de profiter de ce forum international pour s'immiscer dans la «politique interne» iranienne. L'Iran, a-t-il illustré, n'oserait pas parler au Canada de l'indépendance du Québec.
«C'est comme si nous parlions ici de ceux qui veulent faire l'indépendance du Québec. Ce ne serait pas l'endroit», a rétorqué Iraj Nadimi, chef de la délégation des parlementaires iraniens.
Au tour de l'Ouganda
Mais M. Baird n'a pas froissé que les Iraniens. Dans son allocution, il a eu des mots très durs à l'encontre de l'Ouganda, un régime qui «criminalise l'homosexualité».
«Dans ce pays, les gais risquent leur vie tous les jours», a-t-il dit, provoquant l'ire de la délégation ougandaise, présente, elle aussi, à Québec.
Rebecca Kadaga, présidente de l'Assemblée nationale de l'Ouganda, a déploré «l'arrogance et l'ignorance» du ministre Baird.
Mme Kadaga a expliqué qu'en Ouganda, la situation des gais n'était pas si dramatique même si «l'homosexualité n'est pas une valeur du peuple ougandais». Elle a précisé que, dans son pays, on ne «préside pas au mariage de deux gais».