MONTRÉAL - La ministre du Travail, Agnès Maltais, a vivement réagi aux révélations de Gilles Surprenant à la commission Charbonneau, se disant «dégoutée», «époustouflée» et «écoeurée» de la corruption dans le monde de la construction, en entrevue à l'émission «Larocque Lapierre» à l'antenne de TVA et de LCN, dimanche.
Réagissant aux affirmations de «Monsieur TPS» qui affirme avoir reçu plus de 600 000 $ de la part d'entrepreneurs en construction, la ministre a affirmé au journaliste Paul Larocque et l'analyste politique Jean Lapierre qu'elle souhaite que les choses changent.
«Je suis surtout écoeurée de voir que ça fait tant d'années qu'on le dit, qu'on le dénonce, qu'on sait qu'il se passe quelque chose de grave dans le système, que le système est corrompu, et que ç'a pris la commission Charbonneau pour y arriver», a-t-elle dit.
Les déclarations de M. Surprenant, ingénieur à la retraite de la Ville de Montréal, ont tellement bouleversé le gouvernement Marois qu'un petit groupe a été formé pour renforcer la loi anticorruption.
«Ce qu'on voit, c'est que la corruption est aussi rendue dans les administrations. Il y a des fonctionnaires qui ont été corrompus, qui sont corrompus, a ajouté la ministre. On est plusieurs ministres à travailler là-dessus. Ce ne sera pas seulement un ajout à la loi 35. Ça va être, d'après moi, carrément une nouvelle loi.»
Ce projet de loi, a dit Mme Maltais, sera beaucoup plus large encore et touchera non seulement les constructeurs, mais également les employés du réseau public qui pourraient être complices d'actes de corruption.
Le groupe qui s'attaque à la loi 35 est très restreint, selon la ministre, car on s'inquiète en haut lieu d'une possible infiltration par la mafia ou encore d'une fuite.
«La corruption est tellement rendue intégrée dans le système qu'on est très, très prudent, a affirmé Mme Maltais. On est un tout petit cercle qui sait ce que nous allons proposer et il n'est pas question d'ouvrir avant qu'on dépose. On ne veut pas que les gens se préparent à ce qu'on fait, on ne veut pas qu'il y ait de coulage ou rien.»
Agnès Maltais a confirmé que ce projet de loi serait l'un des tout premiers déposés à l'Assemblée nationale à la reprise des travaux parlementaires.