QUÉBEC - La rétrogradation du numéro 2 de Loto-Québec et organisateur libéral bien connu, Pierre Bibeau, a plongé dans l'embarras les ténors du Parti libéral du Québec.
Visiblement mal à l'aise, le candidat à la direction du PLQ, Raymond Bachand, a refusé de décrire le rôle que jouait M. Bibeau au sein de son parti. «Je n'ai pas de commentaire. Avez-vous d'autres questions ?», a lancé l'ancien ministre des Finances, pourtant responsable deLoto-Québec à l'époque.
«Je ne suis pas dans les organisateurs du parti, pas du tout. Pierre était là et il y a des allégations contre lui. On va le laisser se défendre», a ajouté le député d'Outremont, tout en admettant qu'il rencontre parfois M. Bibeau «dans des occasions sociales».
Le chef libéral intérimaire, Jean-Marc Fournier, a quant à lui avoué candidement ne pas savoir ce que M. Bibeau faisait au PLQ. «À certaines époques, il était à l'avant-plan, à certaines époques il était peut-être moins à l'avant-plan. Je ne pourrai pas vous dire ce qu'il faisait», a dit M. Fournier à l'entrée du caucus libéral.
Il a tout de même admis que Pierre Bibeau «était quelqu'un qui est associé depuis longtemps au PLQ».
Lundi, Lino Zambito a affirmé devant la commission Charbonneau qu'il avait remis 30 000 $ en argent comptant à Pierre Bibeau en avril 2009, pour un déjeuner de financement de l'ex-ministre Line Beauchamp.
M. Bibeau, qui est le premier vice-président aux affaires publiques et communications corporatives de Loto-Québec, a été temporairement affecté mercredi à d'autres tâches.
Alexandre Bibeau au rencart
Le fils de Pierre Bibeau, Alexandre, qui avait été présenté comme l'un des trois organisateurs importants de la campagne de Philippe Couillard à la direction du PLQ, s'est pour sa part retiré jeudi.
«À la suite d'échanges tenus au cours des derniers jours, notre équipe et M. Bibeau ont conclu qu'il était préférable qu'il se retire de notre campagne pour l'instant», a indiqué, dans un courriel, l'attaché de presse de M. Couillard, Harold Fortin.
La semaine dernière, l'entrepreneur Lino Zambito révélait qu'en 2007, un simple coup de téléphone de Pierre Bibeau à son fils, alors directeur du cabinet du ministre du Travail, avait suffi pour arranger un contrat et annuler une demande de pot-de-vin.
«C'est une décision prise par l'organisation de la campagne», a expliqué l'attaché de presse de M. Couillard, Harold Fortin. Pourtant, il y a trois jours à peine, M. Fortin affirmait au Journal « qu'à ce stade-ci, on n'a pas de raison de croire qu'on peut lui reprocher quoi que ce soit.»
Dans tous les cas, Alexandre Bibeau, «qui vit de durs moments», pourra maintenant «se concentrer sur ces questions» puisqu'il «aura sûrement des explications à porter sur le témoignage de M. Zambito», souligne Harold Fortin.