QUÉBEC - Le nouveau président du Parti libéral du Québec, Saul Polo, est «inquiet» des révélations de l'ex-entrepreneur Lino Zambito devant la commission Charbonneau, qui éclaboussent les libéraux.
«Je suis inquiet, oui, je n'aime pas ce qu'on laisse sous-entendre, a admis Saul Polo en entrevue. Ce qui est allégué actuellement, ce n'est pas plaisant. »
Les noms de plusieurs ministres sous le gouvernement de Jean Charest ont surgi durant les audiences des derniers jours, qu'on pense à Nathalie Normandeau, David Whissell ou Line Beauchamp. L'ancien organisateur libéral Pierre Bibeau, aujourd'hui vice-président à Loto-Québec, a aussi été visé par le témoignage de M. Zambito.
«Il faut faire attention de tomber dans les
conclusions à partir d'allégations, et moi, je peux vous dire, comme membre de l'exécutif au cours des six dernières années, que je n'ai jamais remis en doute, nos processus, nos façons de faire», a-t-il insisté.
Il rappelle que Lino Zambito est loin d'être un ange. «C'est quelqu'un qui confesse des crimes, des actions illégales qui, pour moi, sont non tolérables et qui n'ont pas leur place dans notre société», a-t-il dit.
Saul Polo a été préféré à l'ex-ministre Alain Paquet par l'exécutif pour occuper le siège de président du PLQ. En pleine commission Charbonneau et avec une course à la direction à piloter, il reconnaît que c'est tout un défi qu'il l'attend.
Le nouveau président assure que le parti n'a jamais toléré et ne tolérera jamais un détournement des lois électorales. Le directeur général du parti a d'ailleurs rencontré le chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, pour voir de quelles façons le parti peut resserrer ses règles internes encadrant les collecteurs de fonds et les organisateurs.
Course à la direction du PLQ
C'était un secret de polichinelle, mais Saul Polo l'a maintenant confirmé : les règles entourant les courses à la direction, qui datent de 1983, ne seront pas modifiées pour l'aventure qui opposera Pierre Moreau, Philippe Couillard, Raymond Bachand et Jean David au cours des prochains mois.
Le scrutin universel, ce sera pour une autre fois. «Le temps, les contraintes de temps nous empêchaient de modifier ces règles-là et moi je vis très bien avec les règles avec lesquelles nous devons travailler actuellement. Il y a un consensus de travailler dans un cadre déjà connu», a-t-il affirmé.
La constitution du PLQ prévoit que le chef est choisi par 24 délégués répartis dans les 125 circonscriptions. Une formule qui avantagerait ceux qui ont une «grosse machine», pensent certains libéraux.