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Commission Charbonneau

Une commission de 2,5% au maire de Laval

Agence QMI 
15/10/2012 10h12 - Mise à jour 15/10/2012 18h20
 
 
Commission Charbonneau - Une commission de 2,5% au maire de Laval
Gilles Vaillancourt  
Photo Archives

MONTRÉAL - L'ex-entrepreneur Lino Zambito a continué de déballer son sac devant la commission Charbonneau lundi. Après avoir affirmé qu'il avait remis 30 000 $ à un organisateur libéral, il a déclaré avoir donné des sommes importantes au maire de Laval.

«À Laval, c'était clair: c'était une cote de 2,5% [sur la valeur des contrats] que les entrepreneurs donnaient au maire de Laval, M. Vaillancourt, par le biais d'un intermédiaire [Marc Gendron de la firme Tecsult]», a-t-il laissé tomber, faisant état d'un système de collusion semblable à celui qu'il a décrit précédemment concernant Montréal.


Zambito aurait aussi versé une somme de 25 000 $ en argent comptant à M. Gendron afin d'autoriser des extras sur un contrat d'une valeur de 2 millions $.

L'entrepreneur, qui voulait faire partie du système de collusion, aurait rencontré le maire pour la première fois en 2002, lors de l'ouverture du magasin de meubles MD Vaillancourt, dont le propriétaire est parent avec le politicien. À l'occasion, Gilles Vaillancourt l'aurait assuré que «sa job, son contrat s'en venait sous peu».

Couronne nord et Rive-Sud

Selon le témoignage de Zambito, les problèmes de collusion affectent aussi des villes de la couronne nord.

«J'ai eu connaissance que ça s'est fait dans la Ville de Mascouche, de Terrebonne; il y en a aussi eu à Saint-Jérôme et à Blainville», a affirmé l'ex-dirigeant d'Infrabec.

Dans la couronne nord, le système était rendu possible grâce aux informations que transmettaient les firmes d'ingénieurs aux entrepreneurs intéressés.

La Rive-Sud de Montréal n'était apparemment pas épargnée. «J'étais au courant que des pourparlers entre entrepreneurs se faisaient, mais je ne touchais pas à la Rive-Sud... À un moment donné, il faut faire des choix», a-t-il expliqué.

30 000 $ à un organisateur libéral

L'ex-entrepreneur soutient avoir remis 30 000 $ en argent comptant à Pierre Bibeau, organisateur libéral et ex-conjoint de l'ancienne ministre Line Beauchamp.

Zambito aurait payé cette contribution illégale en marge d'un petit déjeuner de financement organisé le 6 avril 2009 et présidé par Mme Beauchamp.

Il aurait versé ce montant en espèces lors d'une rencontre au siège social de Loto-Québec, à l'époque où M. Bibeau en occupait le poste de vice-président.

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Lino Zambito allègue également avoir pris part à deux autres cocktails de financement tenus par le PLQ au profit de l'ex-député David Whissel. Il aurait déboursé 2000 $ pour y participer.

Les contributions au PLQ lui étaient remboursées sous la forme d'extras dans le cadre de contrats de construction, laisse-t-il entendre.

L'ex-entrepreneur affirme que le PLQ a cessé de le solliciter en octobre 2009, après la diffusion de reportages ravageurs. Ses activités professionnelles ont également souffert des enquêtes journalistiques. Sa marge de profit a chuté de 6%, a-t-il affirmé.

Des relevés téléphoniques présentés devant la Commission démontrent que des communications ont bel et bien eu lieu avec des membres du PLQ. Les listes d'appel révèlent que ces communications ont eu lieu aux mêmes dates que les événements de financement évoqués.

«Je n'ai pas été un ange. J'ai truqué des appels d'offres, j'ai financé des partis politiques, j'ai corrompu des fonctionnaires. Mais le système était fait d'une telle façon, que je n'avais pas le choix d'agir ainsi», a-t-il dit, suggérant même au PLQ de «profiter du moment pour faire un nettoyage».

88 000 $ versés par des prête-noms

La commission Charbonneau examine aussi une autre facette du financement des partis politiques: l'utilisation de prête-noms. Selon les données fournies par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), les proches de Zambito ont versé 88 000 $ aux partis politiques provinciaux.

L'ex-conjointe de Zambito, Louise Thériault, aurait versé un total de 14 050 $ aux trois principaux partis politiques, dont la majeure partie au PLQ. «Mon ex-conjointe, il n'y avait pas plus dépolitisée que ça. Elle n'avait aucun intérêt là-dedans. Elle me donnait un coup de main», a-t-il avoué.

D'autres employés de la firme Infrabec ont également fait office de prête-noms, versant plusieurs millions de dollars aux partis. «Beaucoup d'employés étaient mal à l'aise avec ces pratiques. Ils vont le faire parce que tu es son supérieur, son patron. Ce n'est pas de leur faute, c'est le système qui est malade», a déclaré l'ex-entrepreneur.

Le témoin s'est permis de formuler certaines recommandations en matière de financement électoral, suggérant notamment l'abolition des organisateurs politiques et des leveurs de fonds.

Selon lui, un système de financement public constitue une piste de réforme intéressante.
Enveloppe brune à Benoît Labonté

Zambito a écorché au passage l'ex-candidat municipal Benoît Labonté, à qui il soutient avoir remis entre 25 000 $ et 30 000 $ en argent comptant.

Cette rondelette somme d'argent aurait servi au financement de la campagne électorale à la mairie de Montréal en 2009.

M. Labonté avait quitté la scène politique municipale dans la tourmente, en pleine campagne électorale. Il avait alors admis avoir rencontré l'entrepreneur controversé Tony Accurso.

Suivant les allégations de Zambito, le parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal, a annoncé lundi qu'il veut demander au gouvernement du Québec d'élargir le mandat de la commission Charbonneau jusqu'à 1994, première année du règne de Vision Montréal qui s'est terminé en 2001.

Autre semaine de témoignage

Dans la première partie de son témoignage, Zambito a parlé d'un système de collusion et de corruption à la Ville de Montréal pour l'attribution de contrats et a notamment parlé de la spécialité de son entreprise, les contrats d'égouts à Montréal.

Plus tard cette semaine, il pourrait aussi être question des contrats que sa firme, Infrabec, a décrochés avec le ministère des Transports du Québec.




 
 


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