QUÉBEC - La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a confirmé mercredi que la centrale nucléaire Gentilly-2 sera définitivement fermée à la fin de l'année.
«Nous sommes convaincus que le déclassement et le démantèlement constituent la meilleure décision sur le plan économique», a résumé la ministre Martine Ouellet.
Mme Ouellet était accompagnée du président et chef de la direction d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, pour en faire l'annonce, mercredi après-midi.
Selon les calculs issus d'un rapport d'évaluation, les coûts associés à la fermeture et au démantèlement sécuritaire de la centrale s'élèveront à 1,8 milliard $ répartis sur 50 ans. Le choix de la réfection, pour sa part, aurait entraîné des dépenses d'environ 4 milliards $.
La production d'électricité prendra fin pour de bon le 28 décembre prochain, ce qui affectera 736 travailleurs.
En contrepartie, le
gouvernement mettra à la disposition de la population locale un fonds de diversification économique de 200 millions $ pour la création d'emplois de remplacement.
Les maires de Trois-Rivières et Bécancour mécontents
Les maires de la région sont mécontents de cette décision qui signe l'arrêt de mort de la centrale nucléaire de Bécancour, un choix qu'ils estiment précipité.
Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque se dit d'ailleurs plus convaincu que jamais que le gouvernement est sur la mauvaise voie, allant même jusqu'à dire qu'il faut le renverser.
Sur les ondes de LCN, M. Lévesque a réitéré qu'il manquait des éléments pour prendre une décision parfaitement éclairée sur l'avenir de la centrale nucléaire de Bécancour.
«Une commission parlementaire donnerait la vérité à l'ensemble des joueurs et si, à la fin, on en venait à la conclusion que c'est quelque chose qui n'est pas vraiment rentable, on va l'accepter», a déclaré M. Lévesque.
«Ils ont pris cette décision le lendemain des élections, alors n'allez pas dire que ce n'est pas de l'improvisation», a soutenu le maire de Trois-Rivières.
Pourtant, le Parti québécois avait annoncé avant et pendant la campagne électorale qu'il était contre la réfection de la centrale de Gentilly-2.
La réaction de la mairesse de Bécancour s'apparente à celle de son homologue trifluvien, alors qu'elle a qualifié le geste de Québec de «pied de nez».
«Quand Mme Ouellet parle de transparence et tout, je m'excuse, mais il n'y a eu aucune transparence avec les gens concernés», s'est exclamée Gaétane Désilets.
Fibre entrepreneuriale
Le son de cloche est plus positif au Centre local de développement (CLD) de la MRC de Bécancour.
«Avec 200 millions $, on est capable de faire des choses extraordinaires, parce qu'on a des entrepreneurs, on a tout ce qu'il faut et avec ces investissements-là. On va pouvoir se relever», a lancé pour sa part le président du CLD, Jean-Guy Paré.
Les groupes environnementaux ont aussi applaudi la décision de fermer l'unique centrale économique du Québec.
«Hydro-Québec a pris le temps d'étudier les projets semblables de réfection de centrales nucléaires ayant un réacteur de type CANDU (centrales de Point Lepreau au Nouveau-Brunswick et de Wolsong en Corée du Sud), et a été forcée de constater les importants dépassements de coûts et les retards qui n'en finissaient plus», a déclaré Steven Guilbeault, directeur général adjoint d'Équiterre, par communiqué.