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Commission Charbonneau

Le témoignage de Zambito met le feu aux poudres

Agence QMI 
02/10/2012 13h22 - Mise à jour 02/10/2012 21h58
 
 
Commission Charbonneau - Le témoignage de Zambito met le feu aux poudres
Lino Zambito 
Photo Jean-Louis Fortin / Agence QMI

Marc Deschamps, le représentant officiel d'Union Montréal, affirme que les allégations de l'ex-entrepreneur Lino Zambito devant la commission Charbonneau éclaboussant le parti du maire Gérald Tremblay sont «grotesques».

M. Deschamps estime que le témoignage de Zambito donne lieu à des projections extravagantes concernant des montants faramineux de 15 millions $ « qu'aurait pu recevoir » Union Montréal.


«Il faudra attendre, à la toute fin, le rapport de la commissaire pour connaître toute la vérité, a-t-il affirmé dans un communiqué, mardi. En ce moment, nous entendons des déclarations subjectives basées sur des approximations et des ouï-dire. Il est complètement odieux de prétendre qu'Union Montréal aurait empoché, ni vu ni connu, jusqu'à 15 millions $.»

Il estime qu'il faut mal connaître les lois sur le financement et les activités d'un parti politique pour tenir de tels propos. «Union Montréal n'a absolument rien à se
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reprocher, a-t-il assuré. Que ce soit le parti ou son chef, je suis sidéré par la facilité avec laquelle on condamne l'un et l'autre en toute absence de preuves.»

Lino Zambito a notamment affirmé qu'à partir de 2005, 3 % du montant des contrats de construction octroyé par la Ville de Montréal étaient remis à Union Montréal.

Jean Fortier «choqué»

L'ex-président du conseil exécutif de la Ville, Jean Fortier, s'est dit «choqué», mais pas du tout «surpris» par les révélations de Lino Zambito devant la commission Charbonneau, lundi.

Il a affirmé à l'émission de Mario Dumont que, techniquement, les travaux ne sont tout simplement pas faits dans les règles de l'art à Montréal. Il se souvient que lorsqu'il était lui-même inspecteur, les décisions étaient prises selon lui de façon arbitraire, et les contrats étaient attribués pour des raisons politiques.

«Il existe une règle à la Ville [...] on ne doit pas discuter les opinions professionnelles, a-t-il dit. Moi je n'avais pas le droit de demander à l'ingénieur : "montre-moi donc tes calculs". [...] En principe, un supérieur immédiat ne peut pas demander à un inspecteur : "pourquoi t'as refusé ça, pourquoi t'as accepté ça?"»

Ce genre de règle non écrite gangrène, selon lui, le processus d'appel d'offres, car aucune question ne peut être posée.

L'Ordre des ingénieurs enquête

Le syndic de l'Ordre des ingénieurs du Québec va mener une enquête interne et déterminer s'il est approprié de déposer une plainte au conseil de discipline, à la suite des révélations faites par Lino Zambito au sujet de deux ingénieurs de la Ville de Montréal maintenant à la retraite.

Selon Zambito, l'ingénieur Luc Leclerc aurait reçu «plus de 200 000 $ » seulement de la compagnie Infrabec (propriété de Zambito). L'homme, aujourd'hui restaurateur, a aussi raconté qu'un autre ingénieur de la Ville, Gilles Surprenant, réclamait des pots-de-vin aux entrepreneurs qui mettaient la main sur des contrats publics.

Lors de son témoignage, Lino Zambito a aussi raconté (photos à l'appui) que les deux ingénieurs l'ont accompagné lors d'un voyage de golf, au Mexique, au début des années 2000. Le voyage des deux hommes aurait entièrement été payé par M. Zambito.

Arsenault refuse de commenter

Questionné sur ce qu'il pensait des allégations tenues par Lino Zambito à la commission Charbonneau, lundi, le président de la FTQ, Michel Arsenault, s'est abstenu de commenter.

«On va attendre le rapport, puis on commentera le rapport. Je ne commencerai pas à commenter tous les jours les allégations,» a-t-il dit, visiblement irrité.

La firme Génius conseil, anciennement connue sous le nom de Groupe Seguin, et son président-directeur général, Michel Lalonde, ont également publié un communiqué mardi soir pour s'offusquer des propos de M. Zambito, qui les a mis en cause dans le cadre de la construction d'un collecteur sur la rue Sherbrooke Est.

Génius conseil a nié la version des faits de l'ex-entrepreneur et a prévenu qu'elle allait consulter ses avocats.




 
 


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