BÉCANCOUR - Des centaines de personnes ont manifesté dimanche matin à Bécancour, dans le Centre-du-Québec, pour demander la tenue d'une commission parlementaire sur l'avenir de la centrale nucléaire Gentilly-2.
Ils protestent contre la décision du gouvernement Marois de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2.
Les manifestants ont même bloqué l'autoroute 30 sur quelques kilomètres avant de se regrouper devant l'entrée du site de la centrale.
Dans la foule, il y avait plusieurs des 800 travailleurs de la centrale et leurs proches. Beaucoup devront déménager de la région pour être relocalisés au sein d'Hydro-Québec si le gouvernement maintient sa décision. Plusieurs élus locaux, représentants de la chambre de commerce et des délégués syndicaux étaient aussi de la partie.
La mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, s'est adressée à la foule en fin de parcours.
«Le nouveau gouvernement dit vouloir être à l'écoute, ouvert au dialogue, et éviter les confrontations. Il a la chance de passer de la parole aux actes», a-t-elle déclaré.
Mme Désilets et ses homologues de la région ne se laissent pas abattre par la volte-face d'Hydro-Québec, qui, selon un rapport dévoilé par Le Devoir, samedi, recommanderait désormais le déclassement de Gentilly-2.
La société d'État évaluerait en effet à 4,3 milliards $ le coût de la réfection de la centrale, soit 2,4 milliards $ de plus que les estimations faites en 2008. Les coûts de la fermeture s'élèveraient quant à eux à 1,8 milliard $.
Gaétane Désilets trouve étrange que cette étude, qui soutient la position du gouvernement, ait coulé à ce moment-ci. Elle souhaiterait que le comité d'actions stratégiques, formé d'intervenants de la région, puisse en prendre connaissance. D'ailleurs, ce comité attend toujours une réponse de Pauline Marois et de sa ministre des Ressources naturelles après leur avoir demandé une rencontre dans les plus brefs délais lors de sa création la semaine dernière.
Selon le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, qui a aussi participé à la marche, cette décision de fermer la centrale s'apparente à de « l'improvisation ». Le gouvernement «a refusé de rencontrer le comité d'actions stratégiques, car il disait ne pas avoir toute l'information», a-t-il rapporté.
M. Lévesque dit assister maintenant à une «danse de chiffres» qui sème la confusion, d'où l'importance d'une commission parlementaire pour faire le point.
Tous les syndicats des travailleurs de Gentilly-2 se sont prononcés en faveur de la réfection, a aussi rappelé Richard Perreault, président du syndicat des employés de métier.
«Le Parti québécois s'est fait du capital politique à partir de la méconnaissance du public envers le nucléaire, a-t-il déploré. On demande des faits.»
M. Perreault a également mentionné que si les employés permanents de la centrale devaient être mutés par Hydro-Québec partout en province, cela pourrait repousser l'embauche de travailleurs dans d'autres régions.
Les participants à la manifestation étaient aussi invités à signer une pétition qui circule pour demander la réfection de Gentilly-2. La députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, s'est engagée à déposer cette pétition à l'Assemblée nationale d'ici le 30 octobre.
«Nous n'avons pas marché seulement pour les 800 employés, nous avons marché pour l'ensemble de la région», a déclaré le maire Yves Lévesque. Selon sa collègue de Bécancour, Gentilly-2 requiert les services des entreprises de la région pour des contrats qui totalisent 40 millions $ par année.