MONTRÉAL - Les révélations faites à la commission Charbonneau mercredi et jeudi, dont les témoignages de l'ancien entrepreneur en construction Lino Zambito et de l'enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui est aussi enquêteur de la commission, Éric Vecchio, ont fait réagir vendredi plusieurs entrepreneurs dont les noms ont été diffusés.
Lors de son témoignage devant la commission jeudi, Lino Zambito a dit que Luc Leclerc, ingénieur à l'emploi de la Ville de Montréal, lui avait servi une mise en garde sur un chantier.
«Il m'avait fait comprendre, par des sous-entendus, qu'il avait été mandaté un peu pour me rendre la vie dure.»
Joint au téléphone par TVA Nouvelles, l'ingénieur à la retraite n'a pas voulu commenter.
Monsieur Zambito a aussi affirmé que, pour ses fausses factures, il visitait souvent une entreprise de Laval.
«[Elle] se nommait Gil Transport et [l'entrepreneur] était la personne qui m'accommodait le plus.»
TVA Nouvelles s'est rendue vendredi après-midi à Laval, chez Gil Transport. La clôture n'était pas verrouillée et il y avait des voitures dans le stationnement. Pourtant, la porte d'entrée de l'édifice était verrouillée et personne n'est venu répondre. Malgré plusieurs appels téléphoniques auprès de l'entreprise, l'équipe n'a reçu aucune réponse.
Enquêteur
Jeudi matin, l'enquêteur du SPVM qui a été assigné à la commission Charbonneau, Éric Vecchio, a donné des noms d'entrepreneurs dont les véhicules auraient été aperçus dans le stationnement du Club social Cosenza, qui était un lieu de rencontre de la mafia montréalaise.
Parmi ces noms se trouvait Plancher Mirage André Villeneuve Inc, l'entreprise du député péquiste André Villeneuve.
«Je n'ai aucun lien avec la mafia de quelque façon que ce soit. Et je n'ai jamais mis les pieds au Cosenza», a-t-il déclaré lors d'un point de presse en journée.
Le député de Berthier exige d'ailleurs des précisions à la commission Charbonneau.
«Nous avons une demande qui a été présentée à la commission Charbonneau pour avoir plus d'information: l'année, le jour, le mois, l'heure et le numéro de la plaque.»
TVA Nouvelles a joint par téléphone d'autres entrepreneurs nommés par l'enquêteur Éric Vecchio, qui nient avoir mis les pieds au repaire des Rizzuto.
Giovanni Tirelli de l'entreprise Asphalte TMS a déclaré au journaliste : «Mais non, monsieur, qu'est-ce que je vais faire là, moi? Je n'ai jamais eu un cent noir de contrat. Non, je n'ai rien à faire avec [ces] personne là.»
Un autre entrepreneur de la compagnie Menuiserie Cattolia a affirmé que ça «ne [lui] donnait rien» d'avoir des contacts avec «ces gens-là» et qu'il n'était jamais allé au Club social Cosenza.
L'ex-propriétaire des entreprises Infrabec, Lino Zambito poursuivra son témoignage devant la commission Charbonneau lundi.