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Commission Charbonneau

Zambito vide son sac

Agence QMI 
Jean-Louis Fortin
27/09/2012 17h00 
 
 
Commission Charbonneau - Zambito vide son sac
Lino Zambito 
Photo Courtoisie

MONTRÉAL - Une dizaine d'entrepreneurs se sont partagé tour à tour tous les contrats de construction d'égouts à Montréal. Ils versent une commission de 2,5 % à la mafia, chargée d'entretenir le «système».

Ces révélations explosives et extrêmement rares viennent de la bouche de l'entrepreneur déchu Lino Zambito, qui s'est mis à table, jeudi, devant la commission Charbonneau.
Normalement, les gens qui dévoilent de la sorte les secrets du crime organisé n'ont pas une très longue espérance de vie sans protection policière.


Lui-même visé par des accusations de fraude, Zambito n'est plus dans le domaine de la construction depuis la faillite de l'entreprise Infrabec qu'il coprésidait avec son père, en 2011.

Fonctionnaire complice

Jeudi, il a commencé à décrire avec précision comment un club sélect d'entreprises peut obtenir tous les contrats. Ce stratagème de collusion aurait cours non seulement dans l'aqueduc,
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mais aussi dans la construction de trottoirs, selon lui.

Les villes de la couronne nord ainsi que Laval ne seraient également pas épargnées.
Le système est à ce point corrompu que même des employés de la ville de Montréal se chargeraient de l'entretenir, selon Zambito.

Ainsi, il a raconté qu'en 2003, lorsqu'il a obtenu son premier contrat sans faire partie du groupe sélect d'entrepreneurs, il a reçu un «avertissement» de la part de Luc Leclerc, ingénieur à la ville de Montréal depuis 30 ans, qui supervisait les travaux.

«Monsieur Leclerc m'a fait part que les autres entrepreneurs n'étaient pas contents du fait que j'aie obtenu un contrat à Montréal. Il m'a fait comprendre qu'il avait été mandaté pour me rendre la vie dure durant les travaux», a expliqué Zambito.

L'entrepreneur s'est rapidement rendu compte qu'il devrait se joindre au groupe et payer une taxe au clan Rizzuto, sans quoi il devrait quitter la construction.

Fausses factures

«Les entrepreneurs s'organisaient entre eux. À tour de rôle, un projet en appel d'offres était attitré à un entrepreneur du groupe», a-t-il expliqué.

Zambito a également avoué que pour payer comptant la taxe à la mafia, il utilisait un stratagème de fausses factures grâce à la complicité d'une firme de Laval.

«C'était Gilles Transport, il était la personne qui m'accommodait le plus. C'est une compagnie dans la location de camions à l'heure», a-t-il reconnu.

«Vous saviez que le 2,5 % allait aux Siciliens?», lui a demandé Me Denis Gallant, procureur de la commission.

«Ça ne nous était pas inconnu», a-t-il répondu.

Le témoignage de Lino Zambito se poursuivra lundi matin. Selon nos sources, il bénéficiera dès maintenant d'une protection, entre autres lors de ses déplacements.



 
 


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