QUÉBEC – L’état d’usure des infrastructures municipales demande des investissements supplémentaires de 2 milliards $ par année pendant 15 ans, estime l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
«Au rythme actuel, on répare le passé, mais si on ne fait pas plus, on va se retrouver exactement au même point dans 15 ans», craint le président de l’UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest.
Ce dernier a dévoilé mardi les résultats d’une étude sur l’état des infrastructures municipales du Québec.
L’étude produite par Deloitte et E&B Data révèle que sur un parc d’infrastructure d’une valeur de 200 milliards $, environ 40% serait à réhabiliter.
L’eau potable, la voirie et les équipements culturels ou sportifs occupent la plus grande part des besoins en investissements.
Le document indique également que les municipalités auront assumé, entre 2008 et 2014, plus de 70% des quelque 30 milliards $ qui ont été investis par les trois paliers de gouvernement dans les infrastructures municipales.
Les gouvernements fédéral et provincial ont aussi pu tirer avantage de leurs contributions.
Sur 3,9 milliards $ versés par le fédéral, 1,2 milliard $ est retourné dans les coffres d’Ottawa, en retours fiscaux. Le gouvernement du Québec a de son côté retrouvé 1,4 milliard $ des 5,2 milliards $ investis.
Les municipalités, même si elles paient la grande majorité de leurs travaux d’infrastructures, ne bénéficient pas de tels retours.
Les programmes d’infrastructures des gouvernements fédéral et provincial arrivent à échéance et l’UMQ entend utiliser cette étude pour convaincre sur la nécessité d’investir encore massivement, non seulement dans la réfection, mais aussi dans de nouvelles infrastructures.
Si de tels programmes ont permis de mettre fin à un cycle de désinvestissement et de résister à la crise économique, «il faut continuer de s’y accrocher», croit le président de l’UMQ.
«Malgré l’effort qui a été fait ces dernières années, on ne doit pas s’asseoir sur nos lauriers», a résumé M. Forest.
La Ville de Québec ne fait plus partie de l’UMQ et n’a donc pas participé à l’étude.
«Ça fait cinq ans que l’on dit qu’on a 15 à 20 ans de retard dans nos infrastructures», a rappelé de son côté le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, François Picard.