OTTAWA - Malgré les 22 avocats et les trois parajuristes au sein de son personnel, Radio-Canada a plutôt choisi de dépenser près de 900 000 $ auprès d'un cabinet d'avocats pour se défendre contre la poursuite en diffamation concernant la mini-série biographique « Félix Leclerc », alors qu'il aurait pourtant suffi de présenter des excuses.
Claude Fournier et Marie-Josée Raymond, qui étaient les producteurs de la série, avaient déposé une poursuite de 4,3 millions $ en 2005 contre le directeur des programmes de Radio-Canada de l'époque, Mario Clément, qui avait déclaré que la série qui mettait en vedette le chanteur Daniel Lavoie, «est le parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire». Il avait aussi indiqué que c'était la «plus mauvaise série jamais vue».
De nouveaux documents dévoilés par la télévision publique révèlent que le cabinet d'avocats Borden, Ladner, Gervais a facturé 871 769.03 $ pour ses services dans cette affaire.
En plus des frais d'avocats, Radio-Canada a été condamnée en octobre 2008 par la Cour supérieure du Québec à verser 200 000 $ en dommages et intérêts à Claude Fournier et à sa conjointe Marie-José Raymond, ce qui porte la facture totale à plus d'un million $.
Toute cette histoire aurait pu connaître un rapide dénouement, si la direction de Radio-Canada avait présenté ses excuses.
«Quand vous pensez qu'il aurait été suffisant de présenter des excuses publiques, vous vous rendez compte qu'on aurait pu économiser 1 million $ en fonds publics», avait déclaré Guy Fournier à l'Agence QMI en mai dernier, lorsqu'on avait appris le coût total de cette saga judiciaire.
En outre, Radio-Canada avait choisi de s'assurer des services de Me Guy Pratte du cabinet d'avocats Borden, Ladner, Gervais, qui est considéré comme l'un des meilleurs avocats au pays.