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Commission Charbonneau

Mafia 101

Agence QMI 
Jean-Louis Fortin
18/09/2012 12h19 
 
 
Commission Charbonneau - Mafia 101
Le fonctionnement de la mafia est expliqué en long et en large à la commission Charbonneau. 
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QUÉBEC - Pour débarrasser l'industrie de la construction québécoise de l'influence de la mafia, il ne faudra pas uniquement viser le crime organisé, mais aussi les politiciens, la main d'oeuvre et les producteurs de matières premières.

C'est la conclusion formulée par la criminologue Valentina Tenti lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, mardi.

Selon elle, la mafia italienne est maintenant infiltrée dans toutes les sphères du milieu de la construction. Et alors qu'elle est traditionnellement associée à la violence ou l'intimidation, ses méthodes sont de plus en plus raffinées.

«La mafia s'infiltre comme de l'eau. Elle va partout sans qu'on s'en rende compte», a-t-elle exposé, lors d'un interrogatoire mené par Me Sonia LeBel, l'une des procureures de la Commission.

Selon Valentina Tenti, la raison pour laquelle le crime organisé d'origine italienne est si difficile à combattre, c'est qu'il a réussi à tirer profit des faiblesses de l'économie légitime.

Nombreuses opportunités

«L'erreur [au Québec] serait de pointer un groupe mafieux et de l'attaquer. Le crime organisé ne s'attaque pas au système. Il ne fait qu'exploiter les opportunités qui sont disponibles», a affirmé Mme Tenti.

Ces opportunités se retrouvent dans l'industrie de la fourniture de matériaux comme l'asphalte ou le béton. Il y en a aussi chez certains politiciens corrompus, et chez plusieurs organisations de travailleurs, a exposé l'experte.

Valentina Tenti, qui complète actuellement un post-doctorat en criminologie à l'Université de Montréal, a livré à la Commission un véritable cours d'histoire, retraçant la naissance des clans mafieux italiens et leur emprise grandissante sur le milieu de la construction.

Chacun son tour

Mais surtout, elle a donné des exemples de stratagèmes frauduleux utilisés en Italie, qui ne sont pas sans rappeler des cas constatés au Québec par plusieurs enquêtes policières et journalistiques.

Par exemple, en Sicile, la Cosa Nostra (mafia originaire de cette région) a organisé un stratagème où les entreprises s'entendaient pour décrocher à tour de rôle les contrats publics, fixant ainsi les prix à leur guise.

«Il semble que tous les entrepreneurs avaient accepté de prendre part à ce stratagème», a expliqué Valentina Tenti.

Pourquoi ne pas utiliser l'extorsion plutôt que ces pratiques raffinées? «L'extorsion est très liée à la violence. Plus vous infiltrez à la base du système, moins vous avez besoin de recourir à la violence», a-t-elle expliqué.




 
 


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