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Jean Charest

28 ans de vie politique à Québec et Ottawa

Agence QMI 
Marilyse Hamelin
05/09/2012 16h45 
 
 
Jean Charest - 28 ans de vie politique à Québec et Ottawa
Jean Charest en 1998 à Ste-Foy, alors qu'il devenait chef du parti libéral du Québec. 
Photo Archives

SHERBROOKE - Battu dans sa circonscription de Sherbrooke mardi soir, Jean Charest a annoncé mercredi, peu après 16h30, qu'il quittera la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) dans les prochains jours, dès la formation du nouveau gouvernement.

Jean Charest a été élu pour la première fois il y a 28 ans en tant que député fédéral de la circonscription de Sherbrooke. Durant près de 30 ans, il a représenté cette même circonscription, d'abord au fédéral, puis, à partir de 1998, au provincial. Il a été le premier ministre du Québec du 14 avril 2003 au 4 septembre 2012. Réélu deux fois, une fois en 2007, puis en 2008, il a effectué trois mandats à la tête de la Belle Province.


Instigateur du Plan Nord, il a tenté de rallier l'opinion publique à ce projet de développement. Sous son impulsion est née la Société du Plan Nord, inspirée de la Société de développement de la Baie-James, créée sous l'ex-premier ministre libéral Robert Bourassa.

Jean Charest est né à Sherbrooke le 24 juin 1958, jour de la célébration de la Saint-Jean-Baptiste. Il a obtenu son diplôme en droit de l'Université de Sherbrooke en 1980. Il s'est marié la même année avec Michèle Dionne. Le couple a eu trois enfants, Amélie, Antoine et Alexandra.

Il est élu pour la première fois député du Parti progressiste-conservateur dans la circonscription de Sherbrooke à la Chambre des communes aux élections générales du 4 septembre 1984. En 1986, à 28 ans, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse. Il devient alors le plus jeune membre du Conseil des ministres de l'histoire du Canada.
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Réélu en 1988, il est nommé ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur le 30 avril de la même année. Il y restera jusqu'au 20 janvier 1990, jour de sa démission à la suite d'une bévue plaçant son gouvernement dans l'embarras. En colère parce que la Fédération canadienne d'athlétisme a refusé un billet d'avion pour les Jeux olympiques de Séoul à l'entraîneur québécois Daniel Saint-Hilaire - lui préférant un Canadien anglais -, il était intervenu auprès d'un juge de la cour.

Il demeure tout de même un des favoris du premier ministre Brian Mulroney qui, en mars 1990, le nomme président d'un comité spécial chargé d'étudier une résolution devant accompagner l'Accord du Lac Meech. Les conclusions de ce rapport inciteront Lucien Bouchard à démissionner du cabinet Mulroney, ce qui entraînera la fondation du Bloc québécois.

Jean Charest est ensuite nommé ministre de l'Environnement, le 21 avril 1991, et le restera jusqu'au 24 juin 1993, jour de son anniversaire. Il est réélu dans la circonscription fédérale de Sherbrooke le 25 octobre 1993. Il remporte ensuite la course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur du Canada le 14 décembre 1993, parti dont il dirigera les destinées jusqu'au 28 octobre 1998.

Lors du référendum d'octobre 1995 sur la souveraineté du Québec, il est le vice-président du comité du « Non ». Certains le surnomment alors «Mister Unity».

Il fait ensuite son entrée en politique provinciale alors qu'il est couronné chef du Parti libéral du Québec en 1998. Accueilli en sauveur par les libéraux provinciaux en raison des ses états de service lors du référendum, il perd pourtant les élections provinciales cette même année, contre le Parti québécois, alors dirigé par Lucien Bouchard. Il fait tout de même son entrée à l'Assemblée nationale en se faisant élire député de la circonscription provinciale de Sherbrooke aux élections générales du 30 novembre 1998

Jean Charest devient finalement premier ministre du Québec le 14 avril 2003, après neuf ans de gouvernance péquiste. Son premier mandat est marqué par une réingénierie de l'État avortée en raison d'une forte contestation de la part des syndicats et de la société civile, de même que par les crises du Suroît, des subventions aux écoles juives et du mont Orford.

Le 26 mars 2007, Jean Charest est réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire face à une opposition officielle de l'Action démocratique du Québec (ADQ) dirigée par Mario Dumont, qui a le vent dans les voiles, ayant su tabler sur le mécontentement général causé par la question des accommodements raisonnables.

Jean Charest crée alors la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, communément appelée commission Bouchard-Taylor.

Il obtient ensuite un troisième mandat, majoritaire cette fois-ci, lors des élections générales du 8 décembre 2008. Le Parti québécois, désormais dirigé par Pauline Marois, forme alors l'opposition officielle.

Ce dernier mandat de Jean Charest est d'abord marqué par la crise économique mondiale de 2008-2009, puis, dès 2009, par des scandales de corruption et de collusion dans l'industrie de la construction, de même que dans l'attribution de permis de garderies, ce qui mènera à l'annonce de la mise sur pied en 2011 de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (commission Charbonneau).

L'année précédente, des allégations de l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemarre avaient mené à la création de la Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges (Commission Bastarache).

La crise étudiante du printemps 2012, que Jean Charest a admis ne pas avoir vu venir, a été le dernier point chaud de sa gouvernance. D'abord une grève générale des étudiants provoquée par l'annonce d'une augmentation des droits de scolarité de 75% sur cinq ans, elle s'est ensuite mutée en mouvement social de contestation du gouvernement en place, polarisant les débats entre gauche et droite, plutôt que les traditionnels pôles fédéraliste-souverainiste.

Toutefois, cette crise n'a pas été au centre de la dernière campagne électorale, qui s'est avéré être le chant du cygne du gouvernement libéral, avec Jean Charest à sa tête.



 
 


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