«Je prends l'engagement que si c'est notre parti est élu, on va s'asseoir avec les associations étudiantes. On va essayer de trouver un compromis qui est raisonnable.»
Le chef de la Coalition avenir Québec avait proposé, fin juillet, de «couper la poire en deux» pour reprendre son expression, en suggérant une hausse des frais de scolarité de 200 $ par an sur cinq ans, au lieu d'une augmentation de 1778 $ sur sept ans, imposée par le gouvernement Charest.
«Je pense que notre proposition est raisonnable, mais on est ouverts à négocier. Pour ce qui est de la part qui ira à la bonification des prêts et bourses, la part qui ira à la hausse des frais de scolarité, je pense que tout ça doit être négocié», a expliqué l'ancien ministre de l'Éducation, rappelant qu'il a déjà conclu plusieurs ententes avec la FECQ et la FEUQ à l'époque du gouvernement péquiste.
Et la CLASSE ?
La CLASSE pourrait-elle avoir des représentants à la table? «En autant qu'elle soit de bonne foi pour avoir une entente raisonnable et non pas pour essayer de détruire le système capitaliste ou viser à tout prix une offre qui, actuellement, est même refusée par Mme Marois qui ne veut pas envisager la gratuité scolaire.»
S'il se dit prêt à faire un bout de chemin, pas question toutefois de reculer sur une éventuelle hausse. «On dit tout de suite nos couleurs. Ce n'est pas vrai qu'on va aller ni à un extrême ni à l'autre. Il y aura une hausse des frais de scolarité (et) il y aura une bonification des prêts et bourses. Maintenant, quel sera le partage? On est ouverts à en discuter.»
«Il faut mieux financer nos universités. On ne peut pas demander encore une fois aux contribuables de ramasser toute la facture, c'est pour ça que, pour nous, l'indexation, c'est inacceptable», a-t-il martelé, déplorant une fois de plus la gestion de la crise étudiante par Jean Charest.
«Si j'avais été premier ministre du Québec, jamais je n'aurais fait ce que Jean Charest a fait, c'est-à-dire passer seulement une demi-heure en cinq mois avec les associations étudiantes. Habituellement, je suis quelqu'un d'assez efficace, je pense qu'on est capable, dans un délai assez court, d'essayer de s'entendre.»
La FEUQ et la FECQ réagissent
La porte-parole de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a immédiatement réagi sur son fil Twitter. «Pour cela il faudrait qu'il soit prêt à nous parler et franchement, ces derniers temps son équipe s'est montrée méprisante. Le pragmatisme ne vient pas avec des études secrètes. Désolée.»
La porte-parole de la Fédération étudiante collégiale, Éliane Laberge, en a fait autant en s'adressant directement à François Legault sur Twitter. «Pourquoi devrait-on renoncer au gel des frais de scolarité? Nous voulons préserver l'accessibilité aux études.» Le chef de la CAQ a répondu : «Pour assurer la qualité de l'enseignement et de la recherche dans nos universités.»
Selon Éliane Laberge, le Québec aurait les moyens de le faire en resserrant la gestion des universités québécoises. M. Legault croit toutefois que la mesure serait insuffisante pour assurer un financement compétitif des universités.