MONTRÉAL – Cible de critiques acerbes depuis la sortie de Pauline Marois la veille, le PQ a été forcé mercredi de corriger le tir sur la nécessité de connaître le français pour se présenter à un poste électif.
La chef du PQ avait affirmé mardi que sous un gouvernement péquiste les anglophones, allophones et autochtones ne pourraient être candidats aux élections municipales et provinciales s'ils ne maîtrisent pas «assez bien» le français.
Mme Marois était allée plus loin que son parti dans le passé, soutenant que tous ceux qui n'ont pas une bonne connaissance du français ne pourraient se présenter, qu'ils soient nouvellement arrivés ou établis au Québec depuis longtemps.
Dans un communiqué publié mercredi, le Parti québécois corrige le tir en affirmant que s'il prend le pouvoir, il déposera le projet de loi sur la citoyenneté québécoise tel que présenté pour la première fois en 2007.
Ainsi, la citoyenneté québécoise serait automatiquement accordée à tous les citoyens du Québec au moment de l'adoption de la loi, incluant les autochtones et les anglophones de souche. Cela leur permettra de briguer les suffrages.
Afin d'obtenir leur citoyenneté, les nouveaux arrivants devront démontrer une connaissance appropriée du Québec et de la langue française.
Le PQ compte s'inspirer des exigences du gouvernement fédéral qui mesure la connaissance de l'une des deux langues officielles des immigrants avant de leur accorder la citoyenneté.
«L'obtention de la citoyenneté québécoise permettra à toute personne de présenter sa candidature dans le cadre d'une élection à un poste dans une institution québécoise», a souligné le PQ.
Questionnée sur le sujet mardi, Mme Marois avait affirmé que les citoyens du Québec qui veulent se faire élire comme maire, conseiller ou député «doivent avoir une connaissance du français».
«Dans le cas d'un anglophone, soit-il de souche ou nouvellement arrivé, la langue commune, la langue officielle c'est le français. Y a-t-il quelqu'un qui puisse imaginer qu'on ne possède pas cette langue?», avait-elle lancé.
Sa sortie a provoqué une levée de boucliers, notamment dans la communauté anglophone.
L'Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador (APNQL) a aussi vivement dénoncé le projet de Pauline Marois.
«Si les partis politiques croient pouvoir nous imposer leur citoyenneté et leur langue, ils feraient mieux de continuer de nous ignorer. De toute manière, nous les attendrons dans le détour, après les élections», a déclaré le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, par communiqué, mercredi.
L'APNQL affirme qu'aucune communauté autochtone «n'acceptera de se faire imposer une loi étrangère, adoptée par un gouvernement provincial».