MONTRÉAL – Les étudiants du Collège Montmorency de Laval, en grève depuis le 13 mars, doivent reprendre les cours dès jeudi alors qu'ils ont voté mardi à 70 % pour un retour en classe.
Les étudiants rencontrés à l'issue du vote ont tous insisté pour dire que le combat contre la hausse des frais de scolarité n'était pas terminé.
«On n'arrête pas la grève parce qu'on a perdu ou à cause de la loi 78, mais bien parce que nous sommes en élections», a indiqué Alexandre St-Onge-Perron, un étudiant qui appuie ouvertement le candidat péquiste Léo Bureau-Blouin.
M. St-Onge-Perron espère maintenant que la mobilisation se poursuivra en vue des élections du 4 septembre. «J'espère que le mouvement va se transformer, a-t-il soutenu. Je n'ai jamais autant entendu les gens de mon âge parler de politique. J'espère que la mobilisation va se rendre jusque dans les partis politiques et les bureaux de vote.»
Soulagement
La directrice générale du Collège Montmorency a pour sa part affirmé être soulagée par les résultats du vote. La poursuite de la grève aurait pu provoquer des affrontements lors de la reprise des cours prévue jeudi.
«On savait que ce serait un choix déchirant pour nos étudiants puisque la question de fond n'est pas réglée, a indiqué Denyse Blanchet. Mais quand nous disions que nous n'avions pas de marge de manœuvre pour finir la session, c'est vraiment vrai. Nous n'avons pas les moyens de contrecarrer une loi.»
Plusieurs retours en classe
Les étudiants du Collège Montmorency s'ajoutent à ceux du Cégep de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, et du Collège de Valleyfield, en Montérégie, qui, dès la semaine dernière, avaient voté en défaveur de la grève.
Du côté du Collège Édouard-Montpetit, la rentrée scolaire doit avoir lieu mercredi, mais une nouvelle assemblée générale devrait se tenir le 12 septembre, à l'issue des élections provinciales.
Les étudiants du Cégep Marie-Victorin et du Collège de Maisonneuve, à Montréal, ont quant à eux amorcé leur retour en classe dans un calme plat mardi.
Mettre un « X » sur une session
Par ailleurs, d'autres étudiants ne retourneront pas de si tôt sur les bancs d'école. Au Cégep du Vieux-Montréal, lundi, les élèves ont voté pour la poursuite de la grève, après plusieurs heures de discussion en assemblée générale dans le gymnase de l'institution scolaire. Dimanche, le Cégep de Saint-Laurent a lui aussi reconduit la grève, par une très faible marge.
Le président de la Fédération des cégeps du Québec s'est dit bien inquiet pour ceux qui décident de poursuivre la grève. «Si on met un “X” sur une session dans un parcours scolaire, c'est catastrophique. Juste de dire qu'on ne peut pas compléter une session, ç'a un impact direct pour ceux qui vont à l'université, pour ceux qui terminent un DEC technique», a expliqué Jean Beauchesne.
Référendum
À l'Université de Sherbrooke, les étudiants de la faculté des lettres et sciences humaines ont décidé de se prononcer plus tard par un référendum de trois jours sur la poursuite de la grève.
Aux cycles supérieurs, plus de 1000 étudiants ont décidé de suspendre la grève pendant la campagne électorale; ceux en science et en éducation. Ceux en histoire ainsi qu'en lettres et communications ont choisi de poursuivre les moyens de pression.