QUÉBEC - Pour éviter d'amener de l'eau au moulin de Jean Charest, l'association la plus radicale du mouvement étudiant, la CLASSE, pourrait suspendre sa grève durant la période électorale.
Le scénario d'une suspension de la grève jusqu'au jour du scrutin est présentement étudié par l'exécutif national de la CLASSE. L'information, qui circulait sur les médias sociaux, a été confirmée à l'Agence QMI par l'attaché de presse de l'organisation. «On étudie ce scénario, c'est vrai», a confié une source.
Deux impératifs motiveraient cette décision. Premièrement, même si, techniquement, le premier ministre et ses ministres détiennent toujours les rênes du pouvoir, ils ne peuvent plus négocier avec les associations étudiantes.
D'ailleurs, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, ne se représente pas. Pour certains, il n'y aurait donc plus nécessité de maintenir un rapport de force en poursuivant la grève puisque toute négociation est impossible.
Ensuite, certains craignent de tout simplement perdre leur vote de reconduction de grève dans un contexte électoral. Pour les étudiants, la réélection du gouvernement libéral serait une défaite totale. Plusieurs croient que toute forme de grabuge favoriserait la réélection de Jean Charest, et opteraient ainsi pour un retour en classe.
Autres scénarios
Deux autres scénarios sont aussi évoqués durant la période électorale. La reconduction pure et simple de la grève ou une troisième voie faisant office de compromis : une reconduction de la grève avec certaines contraintes, comme le respect de la loi spéciale. Il s'agirait ici de suspendre la politique de désobéissance civile.
«Il y a toutefois un malaise de la part de l'exécutif national de donner un mot d'ordre et nous n'allons rien imposer à personne», a ajouté Ludvic Moquin-Beaudry, attaché de presse de la CLASSE.
La CLASSE fonctionnant avec un modèle de démocratie directe, ce sont les étudiants du Cégep Marie-Victorin et ceux de l'AFESH (Association facultaire des étudiants en sciences humaines) qui parleront les premiers. À l'AFESH (4500 membres), la question posée à l'assemblée ne portera pas sur la grève étudiante, mais sur les moyens utilisés pour sa mise en application.
La question du piquetage est très importante puisque la rentrée dans les cégeps aura lieu à la mi-août et pour l'université, à la toute fin du mois. Toute scène de blocage ou de violence pourrait avoir un impact significatif sur le scrutin, prévu pour le 4 septembre.